Et si boire du vin devenait un acte de science ? En Espagne, une université recherche des milliers de volontaires pour une expérience hors du commun : consommer du vin rouge tous les jours pendant quatre ans, sous supervision médicale.
Ce qui ressemble à une blague de bistrot est pourtant bien réel. L’Université de Navarre, en Espagne, a lancé une étude de grande envergure baptisée UNATI (University of Navarra Alumni Trialist Initiative), destinée à mesurer les effets du vin sur la santé humaine. L’objectif est de comprendre, preuves à l’appui, si la consommation modérée de vin rouge peut influencer positivement ou négativement la longévité, le cœur, le moral ou encore la qualité du sommeil.
Depuis le mois de mai, les chercheurs cherchent à recruter 10.000 participants, mais à ce jour, près de 6.000 volontaires manquent encore à l’appel. Le profil recherché est précis. Il s’agit des hommes âgés de 50 à 70 ans et des femmes entre 55 et 75 ans, déjà habitués à une consommation d’alcool modérée. L’expérience s’étalera sur quatre années d’observation. Les volontaires seront répartis en deux groupes. L’un totalement abstinent, l’autre autorisé à boire du vin rouge chaque jour, dans des proportions contrôlées. Les participants feront l’objet d’un suivi médical régulier, avec bilans, questionnaires et entretiens en ligne pour évaluer leur état de santé et leur bien-être général.
Une étude à la fois sérieuse et singulière, qui pourrait bien redéfinir la frontière entre plaisir et prévention. Si les résultats s’avèrent positifs, les amateurs de vin pourraient bientôt trinquer à la science.
Gildas AHOGNI