« Surseoir au processus électoral en cours et convoquer une assise nationale »
Après sa lettre ouverte au président de la République s’insurgeant contre la révision de la constitution, son appel aux 109 représentants du peuple à l’Assemblée nationale et son adresse aux anciens présidents de la République et aux présidents des institutions de la République, le président du mouvement politique NOUS LE FERONS, Daniel EDAH se tourne une fois encore vers le chef de l’État béninois le président Patrice Talon. Dans une publication faite sur sa page Facebook ce jeudi 06 Novembre 2025, Daniel EDAH fait des propositions au premier magistrat béninois pour la décrispation de l’atmosphère politique nationale devenue très puante après l’exclusion du plus grand parti de l’opposition bénioise de la présidentielle de 2026. «…J’invite le Président de la République Patrice Talon, s’il est sincère dans sa volonté d’apaisement et de préservation de la concorde, à faire surseoir au processus électoral actuel ainsi qu’au projet de révision constitutionnelle et à convoquer un dialogue national spécial », propose-t-il car selon lui, il faut impérativement ramener la balle à terre pour éviter au pays des moments douloureux.
«…Au regard des incongruités observées dans le processus électoral en cours, notamment avec l’absence du principal parti de l’opposition à l’élection présidentielle, et de l’urgence d’éviter un approfondissement des fractures politiques et sociales », relève le président Daniel EDAH, il faut mettre de côté les égos pour sauver l’âme du Bénin et Patrice Talon est le seul à pouvoir, en ces moments précis, dégeler l’atmosphère politique sulfureuse que vit le pays. Lire ici ses propositions au Chef de l’État.
PROPOSITION ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE PATRICE TALON ET À L’ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE BÉNINOISE
Par Daniel Edah
Porteur de la vision d’un Bénin économiquement prospère et socialement stable dans une Afrique bien intégrée et en plein essor.
Mes Chers compatriotes,
Comme la plupart d’entre vous, j’ai suivi avec attention la sortie médiatique de notre Président de la République, le 4 novembre dernier.
De cette intervention, je retiens que le Président Patrice Talon reconnait qu’un différend profond persiste entre lui et son prédécesseur le Président Boni Yayi, et que cette mauvaise santé de leurs relations nuit gravement à la vie politique et sociale du Bénin.
Il est aussi apparu que nombre des réformes engagées semblent avoir été inspirées, directement ou indirectement, par cette rivalité.
Le Président Patrice Talon a clairement laissé entendre être le principal concepteur de ces réformes et s’être donné la latitude de les infléchir ou de les radicaliser selon sa propre appréciation. Dans ce contexte, il me paraît incohérent de solliciter un parti politique de l’opposition pour signer un accord de gouvernance ou un accord parlementaire avec un parti au pouvoir ou un parti qui lui est apparenté.
Contrairement aux attentes suscitées, la réforme du système électoral et celle du système partisan ont révélé leurs limites dans la préparation des élections de 2026. Le fait que le calendrier électoral des élections législatives puisse être aisément ajusté, contrairement à celui de l’élection présidentielle pendant que des prolongations se jouent pour les élections communales, en est une illustration manifeste. Tout comme le fait que le Président Patrice Talon reconnaisse lui-même l’impossibilité pour chacun des partis de pouvoir réunir seul les 20% de suffrages exigés par circonscription pour lever des sièges aux élections législatives sans recourir à un accord parlementaire.
À travers sa sortie, j’ai perçu chez le Président Patrice Talon une prise de conscience : celle que la gouvernance de revanche ou de vengeance, nourrie par des inimitiés politiques, finit par nuire à la cohésion nationale et au bien-être du peuple. Son ouverture à l’idée d’un retrait simultané de la scène politique avec son prédécesseur semble traduire une volonté d’apaisement et de dépassement. Même si la proposition parait unilatérale, c’est une démarche que je salue car toute action, même animée de bonnes intentions, devient insoutenable lorsqu’elle repose sur la rancune ou la vengeance.
Le climat politique actuel, marqué par la méfiance et la polarisation, rend indispensable un sursaut collectif pour préserver la paix civile et la crédibilité de nos institutions.
Ainsi, au regard des incongruités observées dans le processus électoral en cours, notamment avec l’absence du principal parti de l’opposition à l’élection présidentielle, et de l’urgence d’éviter un approfondissement des fractures politiques et sociales, j’invite le Président de la République Patrice Talon, s’il est sincère dans sa volonté d’apaisement et de préservation de la concorde, à faire surseoir au processus électoral actuel ainsi qu’au projet de révision constitutionnelle et à convoquer un dialogue national spécial.
J’invite les soutiens du Président de la République à l’accompagner dans cette orientation d’apaisement et d’unité nationale.
J’invite également l’ancien Président de la République et Président du parti Les Démocrates, le Président Boni Yayi, à accompagner cette dynamique à travers le soutien des députés LD si le Président Patrice Talon accepte de prendre l’initiative.
J’invite spécialement la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA) à encourager le Président Patrice Talon à prendre cette initiative non seulement pour la démocratie et la paix au Bénin mais surtout pour préserver et consolider la paix et la stabilité dans tout le golfe de Guinée.
J’appelle les partenaires bilatéraux du Bénin notamment le Nigeria, l’Afrique du Sud, la France, les Etats-Unis d’Amérique, l’Allemagne, et les Pays-Bas à soutenir activement le Bénin dans cette voie.
Ce dialogue qui devra réunir l’ensemble de la classe politique et les forces sociales ne doit pas être un procès politique, ni du Président Patrice Talon ni d’aucun autre acteur, mais un espace de vérité, d’inclusion et de réconciliation, destiné à :
– restaurer la confiance entre les différentes composantes de la classe politique,
– garantir l’équité et la transparence du processus électoral à venir,
– et établir des mécanismes institutionnels durables pour prévenir l’émergence de toute nouvelle gouvernance fondée sur la vengeance ou l’exclusion.
Le Bénin a toujours su surmonter les épreuves par le dialogue et la concertation. À ce moment crucial de notre histoire, il est impératif que l’intérêt supérieur de la Nation l’emporte sur toute considération personnelle ou partisane.
Ensemble, faisons le choix de la sérénité et de l’unité pour la paix, la démocratie et le développement. Car c’est à ce prix que nous préserverons la stabilité de notre pays et garantirons aux générations futures un Bénin véritablement prospère et stable.
Dieu benisse le Bénin !
Fait à Addis-Abeba, le 6 novembre 2025
Daniel Edah