Le Prix Nobel nigérian de littérature, Wole Soyinka, 90 ans, a annoncé mardi lors d’une conférence de presse à Lagos que les États-Unis avaient révoqué son visa sans explication officielle. L’écrivain dénonce une mesure arbitraire et s’interroge sur le durcissement de la politique migratoire américaine.
Devant un parterre de journalistes, le premier Africain à avoir reçu le Prix Nobel de littérature (1986) a lu le courrier du consulat américain lui demandant de présenter son passeport « pour annulation physique du visa ». « Je n’ai aucun casier judiciaire, même pas une amende de stationnement », a-t-il déclaré, visiblement irrité. Selon Reuters, Soyinka a qualifié cette décision d’« incompréhensible et humiliante », précisant qu’aucune raison ne lui avait été fournie.
L’ambassade des États-Unis à Abuja, citée par AP News, a confirmé la révocation du visa, tout en expliquant que les services consulaires « se réservent le droit d’annuler tout visa à tout moment, sans justification publique ». Cette pratique est conforme au Code fédéral américain sur l’immigration, mais rarement appliquée à des personnalités de ce rang.
L’auteur de Le lion et la perle avait déjà détruit sa “green card” en 2016 pour protester contre la victoire de Donald Trump. Plusieurs observateurs estiment que ses récentes critiques contre le « retour d’une diplomatie xénophobe » sous l’administration Trump pourraient avoir contribué à cette mesure.
Depuis juin 2025, Washington applique en effet une réforme migratoire dénommé « travel ban » qui signifie « interdit de voyage » visant douze pays, principalement africains et moyen-orientaux, dans le cadre d’un renforcement sécuritaire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU