Au Cameroun l’arrestation d’Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, deux leaders de l’opposition aggravent le climat tendu après la présidentielle du 12 octobre. L’opposition dénonce une manœuvre d’intimidation à la veille de la proclamation des résultats.
Les deux figures de l’Union pour le Changement, alliées à Issa Tchiroma Bakary, ont été interpellées à leur domicile par des forces armées. Leur parti dénonce un « enlèvement politique » destiné à faire taire les voix critiques.
Le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM) affirme que plusieurs de ses militants ont également été arrêtés ou portés disparus. Tchiroma Bakary affirme avoir remporté l’élection, tandis que le parti du pré unsident Paul Biya l’accuse de vouloir semer le désordre. En attendant la proclamation officielle prévue lundi, des manifestations éclatent dans plusieurs villes.
À Bafoussam et Garoua, des affrontements ont opposé manifestants et forces de l’ordre. Une enseignante de 30 ans, Zairatou Hassana, a été tuée alors qu’elle n’était pas impliquée dans les protestations. Dans un message sur Facebook, Tchiroma a mis en garde contre une arrestation imminente, affirmant que ce serait « une attaque contre le peuple camerounais ». Il a appelé à de nouvelles manifestations ce dimanche.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU