Comme annoncée le président Patrice TALON a reçu en audience ce jour son prédécesseur Boni Yayi dans la matinée de ce vendredi 24 octobre 2025. Quatre points ont été abordés par les deux présidents au cours de la rencontre.
Précipitamment annoncé par un message rendu public ce matin, le tête-à-tête Talon-Yayi était attendu par beaucoup comme la rencontre de la dernière chance et pour d’autres comme un stratagème de Talon pour gagner du temps et décrisper l’atmosphère politique fortement tendue ces jours. Tout semble donner raison à ceux qui n’ont pas vendu trop chère la peau de cette rencontre. Selon les indiscrétions, quatre sujets ont été abordés par les deux hommes d’Etat. Le premier, comme on pouvait s’y attendre, concerne la participation du parti Les Démocrates à l’élection présidentielle. Alors que Yayi mettait l’accent sur la nécessité pour Patrice Talon d’organiser une élection ouverte, transparente et inclusive à la fin de son mandate, ce cornier s’est montré plutôt inflexible, accroché aux textes comme à la prunelle de ses yeux. Pour lui, force doit rester à l’application des textes de la République dont la Constitution qui fixe désormais les dates des élections présidentielle et législatives. Pour le chef de l’Etat, il sera difficile de faire autre chose que ce que préconisent les textes. Il ne se voit donc pas en mesure d’interférer dans le processus en cours ou de l’arrêter. Néanmoins, il propose au parti d’user de toutes les voies de recours qui s’offrent à lui et s’il a raison, ce serait tant mieux.
Le deuxième point concerne la convocation à la police judiciaire du président Boni Yayi et des candidats du parti. Le président de la République a expliqué que c’est suite à la plainte du député Michel Sodjinou qui accusait le parti d’avoir falsifié sa fiche de parrainage.
Le troisième point abordé concerne les élections législatives. A ce niveau, le chef de l’Etat a exploré avec son hôte la possibilité pour le parti Les Démocrates de signer des accords de coalition parlementaire avec les partis de la mouvance présidentielle. Sur ce point, le patron de la mouvance, plus très flexible, a mis l’accent sur la nécessité d’éviter un parlement monocolore en 2026.
Le quatrième point concerne les quitus fiscaux. Boni Yayi a fait cas du blocage par l’administration fiscal des quitus fiscaux de plusieurs membres de son parti. Patrice Talon a affiché sa disponibilité en proposant de prendre contact avec l’administration fiscal afin qu’elle fasse diligence pour aider les demandeurs à vite entrer en possession avec ledit document. Cela, en raison de la clôture de l’enregistrement des listes de candidatures des communales qui prend fin le mardi 28 octobre prochain. Le Directeur général des impôts sera instruit incessamment pour faire le point des personnes en attente et notifier aux demandeurs les motifs des rejets, les pièces à compléter ou les montants à payer.
Après ses échanges, le président Boni Yayi a proposé revenir faire le point aux responsables de son parti pour savoir la conduit à tenir.
Quelques heures après, une séance a eu lieu entre les hauts responsables du parti de l’opposition au cours de laquelle ils ont été informés des issues de la rencontre entre leur leader et Patrice Talon. Quatre positions se sont dégagées aux termes de la séance de reddition de comptes et les responsables du parti se concertent pour trouver un terrain d’entente.
Mohamed YEKINI