Le Conseil constitutionnel camerounais a rejeté mercredi les dix requêtes contestant le scrutin du 12 octobre. Alors que Paul Biya semble en tête, des manifestations éclatent à Garoua et Maroua.
Aucune contestation ne sera entendue. Le Conseil constitutionnel du Cameroun a rejeté mercredi l’ensemble des recours déposés contre l’élection présidentielle d’octobre, ouvrant la voie à la proclamation officielle des résultats. Les dix requêtes déposées par les candidats de l’opposition faisaient état de fraudes, bourrages d’urnes et intimidations. Le Conseil a estimé qu’aucune preuve tangible ne permettait d’annuler le scrutin.
Le candidat Issa Tchiroma Bakary a affirmé une nouvelle fois sa victoire. « Si l’on préfère menacer la paix plutôt qu’admettre la défaite, nous répondrons avec la détermination pacifique du peuple », a-t-il déclaré. Depuis cette annonce, plusieurs villes du Nord connaissent des manifestations, parfois réprimées.
À Garoua dans la capitale de la région du Nord , des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de sécurité. Alors que des manifestations de partisans d’Issa Tchiroma Bakary ont eu lieu à Garoua, le 21 octobre, les médias locaux évoquent au moins deux morts dont celle d’une institutrice de 34 ans. Le Conseil constitutionnel a jusqu’à dimanche pour confirmer le résultat final, attendu sans surprise en faveur de Paul Biya. Alors que le pays s’enfonce dans la tension, l’opposition promet de poursuivre la lutte par la voie pacifique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU