Le président sortant Paul Biya arrive en tête du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 avec 53,66 % des suffrages, selon les résultats provisoires publiés ce mardi par la Commission nationale de recensement général des votes.
À 92 ans, l’homme fort de Yaoundé, au pouvoir depuis 1982, semble s’éterniser. À l’issue de l’élection présidentielle, il totalise 53,66% des suffrages exprimés. Il obtient ainsi un nouveau mandat, en attendant la validation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel.
Mais cette proclamation suscite de vives contestations. Le principal adversaire de Paul Biya, Issa Tchiroma Bakary, rejette catégoriquement les chiffres annoncés par la commission nationale. Il dénonce de « graves irrégularités » qui, selon lui, ont entaché la sincérité du scrutin. S’appuyant sur les données recueillies par son propre dispositif de surveillance, il affirme être arrivé en tête avec près de 60 % des voix.
Dans un contexte déjà empreint de défiance envers les institutions électorales, cette remise en cause ravive les tensions. Le candidat appelle à un audit indépendant du vote, pendant que ses partisans exigent « la vérité des urnes ». Le Conseil constitutionnel est désormais attendu pour départager les camps, alors que le doute plane sur la légitimité du scrutin et l’avenir politique du pays.
La communauté internationale, tout en saluant la participation des électeurs, appelle au calme et à la transparence dans la phase de proclamation définitive des résultats. Le Conseil constitutionnel dispose désormais d’un délai de quinze jours pour confirmer ou infirmer ces chiffres, déterminants pour l’avenir politique du Cameroun.
Gildas AHOGNI