Presque tous les habitants d’un quartier de la commune d’Abomey-Calavi s’étouffent à cause de la puanteur d’une poissonnerie. Entre odeurs de cadavre, insalubrité extrême et colère des riverains, la situation devient intenable. Le constat a été fait par le ministre conseiller Jacques Ayadji et le maire d’Abomey-Calavi Angelo Ahouandjinou le week-end dernier. La fermeture du site semble inévitable, mais les habitants exigent bien plus qu’un simple dégagement de poisson avarié.
C’est un spectacle désolant et un parfum nauséabond qui ont accueilli ce week-end le ministre conseiller Jacques Ayadji et le maire d’Abomey-Calavi Angelo Ahouandjinou lors de leurs visites inopinée dans une poissonnerie située à Abomey-Calavi. Ce qui devait être un centre d’approvisionnement en produits halieutiques s’est transformé en foyer de putréfaction, polluant tout un quartier et menaçant la santé publique.
En effet, l’odeur que dégage cette poissonnerie est insoutenable. « Vous vendez du n’importe quoi ! Pour vos intérêts personnels, vous êtes prêts à rendre malade toute la population », a lâché Jacques Ayadji, visiblement outré, en s’adressant aux exploitants. « Même si vous avez du poisson de bonne qualité dans cet environnement, vous pensez que vous faites du bien à la population ? » a-t-il poursuivi, dénonçant l’insouciance des vendeurs et l’inaction des autorités compétentes. L’indignation du ministre est partagée par tous les riverains. De son côté, André Todjé, maire de Sô-Ava, n’a pas mâché ses mots. « J’ai évacué tous mes enfants et mes petits-fils à Cotonou. On n’arrive pas à respirer. C’est comme si un cadavre était dans le quartier », a-t-il fait savoir. Pour le Hounongan Houessinon, habitant du quartier Calavi SOS, le calvaire dure depuis un mois. « Des gens tombent malades fréquemment. On a alerté la police sanitaire et le commissariat de Calavi, mais jusque-là, rien. C’est à croire qu’on attend une tragédie pour réagir », explique-t-il.
Une réaction tardive mais salutaire des autorités
Informé sur le tard, le maire d’Abomey-Calavi, Angelo Ahouandjinou, a lui aussi reconnu la gravité de la situation. « Franchement, je n’étais pas du tout informé. Lorsque je suis arrivé sur les lieux, on ne pouvait pas respirer. Je crois que les dispositions seront prises pour que non seulement cette poissonnerie soit fermée, mais aussi pour que les produits soient dégagés », a laissé entendre le maire.
Toutefois, si la fermeture de la poissonnerie est un soulagement en vue, elle ne saurait suffire. Les habitants, déjà exposés à des risques sanitaires majeurs, devraient être pris en charge. De même, une désinfection complète du site et des rues environnantes est indispensable avec un dédommagement moral et sanitaire des foyers les plus affectés. Une réglementation stricte sur les activités agroalimentaires en zone urbaine serait également la bienvenue. Au-delà du scandale, ce drame soulève une question cruciale : combien d’autres « bombes sanitaires » dorment encore en toute impunité dans nos marchés et quartiers ? Il est urgent que les autorités locales imposent des contrôles réguliers et rigoureux sur l’hygiène des circuits de distribution alimentaires.
Gildas AHOGNI