La 2ème rencontre régionale du groupe d’intervention judiciaire SOS torture en Afrique a été lancée le lundi 07 juillet 2025 à Bénin Royal Hôtel de Cotonou. «Renforcement du contentieux stratégique et du plaidoyer pour la lutte contre la torture en Afrique ». Tel est le thème qui va réunir près d’une semaine les activistes, les acteurs , des défenseurs des droits humains plus précisément les défenseurs de carrière que sont les avocats venus entre autres du Bénin, Togo, du Tchad, de la RDC, du Congo Brazzaville, du Burundi, du Rwanda, du Burkina Faso, du Niger et de la Cote d’Ivoire.
Dans son discours d’ouverture de l’atelier, le Président du Conseil d’Administration du Changement Social Bénin (CSB), Ralmeg Gandaho a déclaré que « nous avons le devoir tout en portant l’humanisme et l’universalité des droits humains, le devoir de développer des outils, des approches, de plaidoyer qui davantage expliquent et justifient notre place à côté des Etats en tant qu’acteurs d’accompagnement ». De ce point de vue, dit-il, « pendant que de façon récurrente, nous assistons à des faits, des faits de violation de droits, des actes de violation de droits, des faits et actes qui s’assimilent dans la plupart des cas à la torture. L’outil qui nous convient nous de par nos différentes postures institutionnelles s’avèrent être l’outil le plus pacifique, c’est-à-dire l’outil de plaidoyer juridique ».
Le Président du Conseil d’ Administration du CSB a signifié que «si au plaidoyer classique les portes nous sont fermées, il y a quand même le besoin et les outils pour forcer les portes fermées à travers le plaidoyer juridique ». Il a souligné que ces avocats « qui ont fait le chemin de Cotonou, c’est justement davantage pour mettre en synergie les efforts, du moins les préoccupations de l’heure dans un contexte où les droits humains semblent en péril avec un recul ou un déni de l’universalisme auquel la plupart de nos Etats ont consenti de garanties juridiques ». « Nous avons à cœur à travers cette session que nous abritons au Bénin de nous faire découvrir, nous faire comprendre par les porteurs de responsabilité », a lâché Ralmeg Gandaho.
Quand Me Claude Amègan, président du Collectif, des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT), il a affirmé que «pour la 2ème fois, ce groupe d’éminents avocats se retrouve ». Occasion, selon lui, pour eux « de faire avancer l’ensemble de la lutte contre la tortue, six ans après la première rencontre qui a eu à Lomé au Togo ». Il a laissé entendre qu’ « aujourd’hui, les organisations des droits de l’homme sont engagées et déterminées à faire reculer la torture ». C’est pourquoi, selon le président du CACIT, pour relever ce défi, il faut penser aux stratégies globales qui « mobilisent acteurs de la société civile et acteurs étatiques en plaçant au cœur des actions la protection des victimes, le respect de leur dignité et de leurs droits ». Cette 2ème rencontre régionale, pour lui, « est une opportunité de partages d’expérience et de réflexion approfondie sur les meilleures stratégies de lutte contre la torture et les mauvais traitements en Afrique ». Il a par ailleurs révélé que depuis 2019, date de création dudit groupe, environs 10 plaintes ont été déposées auprès des différents mécanismes régionaux et internationaux notamment la cour de justice de la CEDEAO ou le comité contre la torture. On peut retenir de l’intervention de Me Claude Amègan que le contentieux stratégique est un levier efficace contre la torture.
Le responsable bureau Afrique de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Isidore Ngueuleu Djeuga a, pour sa part, déclaré qu’ « à l’exception de s’unir, on voit déjà en Afrique noire des années 80, un recours assez disproportionné de la force, une patrimonialisation du pouvoir, une sacralisation des nations qui détenaient le pouvoir et une brutalisation terrible de la société ». Pour, «il est évident que seul le droit peut permettre de réguler ce recours à la force, cette personnalisation, cette personnification du pouvoir ».