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Variation des prix des denrées alimentaires : Le record des hausses enregistré sous Talon

Du régime de Boni Yayi à celui de Romuald Wadagni, en passant par les dix années de gouvernance de Patrice Talon, les prix des denrées alimentaires de première nécessité ont connu des fluctuations qui pèsent sur le panier de la ménagère. Dans le département de l’Atlantique, une descente dans les marchés de Zè, d’Allada, de Sékou, de Ouèdo, de Zinvié et de Tori révèle une réalité contrastée :

Variation des prix des denrées alimentaires : Le record des hausses enregistré  sous Talon

si certains produits affichent aujourd’hui des prix relativement accessibles, les difficultés liées à l’approvisionnement, au transport et au coût de la vie demeurent. Entre souvenirs des prix d’avant 2016, flambée enregistrée entre 2021 et 2024 et situation actuelle, vendeuses et consommateurs continuent de subir les effets des variations du marché.

Avant l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon en avril 2016, les denrées alimentaires de première nécessité occupaient une place centrale dans les préoccupations des ménages béninois. Sous la présidence de Boni Yayi, le maïs, le riz, le gari, le haricot, les huiles rouge et d’arachide ainsi que le mil étaient commercialisés à des prix généralement considérés comme plus accessibles, même si des variations existaient déjà selon les saisons, les localités et les conditions d’approvisionnement.

En effet, à cette époque, le kilogramme de maïs se vendait souvent autour de 125 à 150 FCFA, avec des prix pouvant varier selon les marchés et les unités de mesure locales. Le gari et les autres dérivés du manioc restaient également relativement abordables. Le haricot, les huiles et les autres produits de consommation courante subissaient, eux aussi, les fluctuations liées à la disponibilité des récoltes et aux coûts de transport.

 Ces prix, qui constituent des repères indicatifs de la période, permettent de comprendre le sentiment de nombreux consommateurs selon lequel l’alimentation était plus accessible avant 2016. Toutefois, cette appréciation ne signifie pas que tous les produits étaient systématiquement moins chers sur l’ensemble du territoire. Les variations saisonnières jouaient déjà un rôle important. Pour de nombreux ménages, cette période reste néanmoins une référence lorsqu’il s’agit de comparer le coût des denrées alimentaires à celui observé au cours des années suivantes.

Sous Patrice Talon : une flambée particulièrement marquée entre 2021 et 2024

L’arrivée de Patrice Talon au pouvoir en 2016 a ouvert une nouvelle séquence économique au Bénin. Si les prix ont continué à évoluer en fonction des conditions du marché, la période 2021-2024 a particulièrement marqué les consommateurs par la hausse du coût des denrées alimentaires.

À titre illustratif, la pandémie de Covid-19, les perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales, la guerre en Ukraine et les difficultés commerciales dans la sous-région ouest-africaine ont contribué à renchérir plusieurs produits. À ces facteurs se sont ajoutées les difficultés liées aux échanges transfrontaliers, notamment les fermetures de frontières et les tensions commerciales avec certains pays voisins.  Ces perturbations ont affecté les circuits d’approvisionnement et la circulation des produits agricoles. Leur incidence a cependant varié selon les denrées, les périodes et les marchés.

 Les repères disponibles illustrent l'ampleur des changements. Avant 2016, le kilogramme de maïs se vendait généralement autour de 100 à 150 FCFA selon les estimations retenues. Durant les périodes de fortes tensions entre 2021 et 2024, son prix a pu dépasser 300 FCFA dans certains marchés, avant de reculer par la suite. Le gari, auparavant estimé autour de 150 à 200 FCFA le kilogramme, a également enregistré des hausses, avec des prix pouvant atteindre environ 300 FCFA selon les lieux de vente. Le haricot, dont le kilogramme se situait autour de 350 à 400 FCFA dans les estimations d’avant 2016, a lui aussi connu des augmentations, avec des prix pouvant atteindre 500 à 650 FCFA selon les variétés et les marchés. L’huile végétale, estimée à environ 600 FCFA le litre avant 2016, a pu atteindre près de 1 200 FCFA dans les relevés comparatifs disponibles.

 Sous Romuald Wadagni : des prix plus stables, mais des difficultés persistantes

Avec l’avènement de Romuald Wadagni à la présidence, la situation observée sur plusieurs marchés de l’Atlantique semble marquée par une relative stabilisation de certains prix. Pour apprécier cette évolution, le journal Le Patriote a sillonné les marchés de Zè, d’Allada, de Sékou, de Ouèdo, de Zinvié et de Tori. Les constats recueillis font ressortir des prix relativement proches pour plusieurs produits de consommation courante, même si des différences subsistent entre vendeuses.

Sur ces marchés, le maïs se vend actuellement entre 125 et 150 FCFA selon les points de vente. Le haricot est proposé autour de 500 FCFA, tandis que le riz est accessible à partir de 400 FCFA. Le gari se vend à partir de 150 FCFA, l’huile rouge autour de 900 FCFA et l’huile d’arachide à environ 1 100 FCFA. Ces indications doivent être interprétées en fonction des quantités vendues, des qualités des produits et des unités de mesure utilisées.

La comparaison avec les années précédentes fait apparaître un constat important : certains produits, notamment le maïs et le gari, ont retrouvé des niveaux proches des repères observés avant 2016. Cela ne signifie toutefois pas que l’ensemble du panier alimentaire a retrouvé son coût d’autrefois. Le prix du haricot et celui des huiles, par exemple, restent élevés par rapport aux estimations historiques retenues.

 Des témoignages qui reflètent la réalité

Au marché de Zè, dame Marcelline, commerçante depuis plus de cinq ans, explique : « Moi, je vends dans le marché de Zè depuis plus de 5 ans et le prix de mes denrées varient. Ça dépend juste du prix d'achat ». Cette déclaration met en lumière le mécanisme de fixation des prix au détail. De son côté, dame Élodie, vendeuse de pain depuis plusieurs années, souligne la stabilité de son produit : « Je vends du pain depuis plusieurs années.  Heureusement pour moi que le prix du pain n'a jamais changé même si les autres prix changent ». Le prix de la baguette, indiqué autour de 125 FCFA dans les repères disponibles, contraste ainsi avec les fluctuations observées sur d'autres produits.

Au marché de Tori, Gloria, vendeuse de divers, insiste sur les différences entre commerçantes : « Je vends par exemple mon maïs à 125. Mais j'ai appris qu'une autre vendeuse vend à 150. Donc ça dépend du prix auquel elle a acheté ». Elle déplore également les difficultés rencontrées avec les clients : « Il faut avouer que actuellement, il y a la cherté de la vie. Et nos clients se plaignent trop généralement ». Les vendeuses de fruits font face à d'autres contraintes.

Pulchérie, commerçante à Zè, explique : « Je vends de l'ananas et parfois la pastèque et la banane. Il faut que le prix de ces fruits augmente surtout si ce n'est pas la période où il faut les récolter. Nous sommes confrontés aussi à un problème de transport ». Elle estime que les pouvoirs publics pourraient apporter un soutien aux commerçantes confrontées à ces difficultés. 

Au-delà des prix affichés, ces témoignages révèlent donc une réalité économique complexe. L'approvisionnement, la saisonnalité, le transport et les conditions d'achat influencent directement les prix proposés aux consommateurs.

En définitive, les marchés de l'Atlantique témoignent d'une évolution contrastée des prix alimentaires au Bénin : une accessibilité relative avant 2016, une flambée particulièrement marquée entre 2021 et 2024, puis une stabilisation de certains produits en 2026. Si cette accalmie constitue un signal encourageant, elle ne suffit pas à effacer les difficultés accumulées par les ménages et les commerçantes. Pour ces dernières, la véritable amélioration dépendra de la régularité de l'approvisionnement, de la maîtrise des coûts de transport et de la capacité des consommateurs à acheter sans sacrifier une part excessive de leurs revenus.

 TABLEAU RÉCAPITULATIF DE L'ÉVOLUTION DES PRIX DES DENRÉES ALIMENTAIRES D'AVANT 2016 À 2026

 

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