Enfants dans les bars et boîtes de nuit : L'irresponsabilité parentale de trop
Entre volonté de se divertir et devoir de protection, certains parents semblent avoir du mal à choisir. À Abomey-Calavi, des enfants de moins de cinq ans accompagnent parfois leurs parents dans des bars et des boîtes de nuit jusque tard dans la nuit. Une pratique préoccupante qui expose les tout-petits au bruit et à des environnements inadaptés à leur âge. Parents et promoteurs d’établissements

nocturnes doivent prendre leurs responsabilités.
Faire la fête n’est pas un crime. Mais lorsqu’un divertissement se fait au détriment du bien-être d’un enfant, la question de la responsabilité parentale se pose. À Abomey-Calavi, il n’est pas rare de voir des bébés dans des bars et des boîtes de nuit, parfois jusqu’à trois ou quatre heures du matin. Une situation qui mérite une véritable prise de conscience.
En effet, à cet âge, les enfants ont besoin de calme, de sommeil et d’un environnement adapté à leur développement. Les exposer durablement à une musique amplifiée peut notamment nuire à leur audition. Le portage dans un kangourou ou la présence d’un autre parent ne suffisent pas à les protéger des nuisances sonores. Pourtant, certaines habitudes semblent difficiles à abandonner.
« Maintenant que j’ai un enfant, je continue d’aller au bar en le portant dans mon kangourou. Mais je suis souvent avec son père, donc il n’y a pas de problème », confie Justine, cliente d’un bar à Calavi. Cynthia, elle, reconnaît avoir déjà essuyé un refus. « On m’a déjà refusé d’amener mon enfant dans un bar la nuit, mais j’essaie quand même. Je prie pour qu’il grandisse vite », raconte-t-elle, déterminée à préserver ses sorties du week-end.
Une attitude qui interpelle Armos, DJ dans un bar à Calavi. « Parfois, à minuit, j’interpelle au micro les femmes ou les couples qui sont dans le bar avec des bébés pour leur demander de rentrer chez eux. Moi-même, en tant que parent, cela me gêne », témoigne-t-il.
La responsabilité ne repose pas uniquement sur les parents. Les promoteurs de bars et de boîtes de nuit doivent également contribuer à la protection des tout-petits. L’affichage de règles claires et la mise en place de restrictions d’accès aux jeunes enfants pendant les heures nocturnes constituent des pistes à envisager, dans le respect du cadre légal. Les agents de sécurité pourraient aussi être sensibilisés afin d'expliquer ces restrictions aux parents avec courtoisie.
Se divertir est un droit, mais protéger son enfant est un devoir. Les dirigeants de demain méritent de grandir dans des conditions favorables à leur santé. La fête peut attendre ; leur bien-être, lui, ne devrait jamais être négociable.
Gildas AHOGNI












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