La course à la présidence de la FIFA prend une nouvelle tournure. Alors que Gianni Infantino entend briguer un quatrième mandat en mars 2027, la contestation s’est installée autour de sa gouvernance. Retraits de soutien, bras de fer avec l’UEFA et projet d’ouverture à des investisseurs privés abandonné. Pour l’heure, le patron du football mondial voit plusieurs voix se dresser sur son chemin.
Peut-être que Gianni Infantino aurait pu être l’unique candidat à sa propre succession si certains de ses projets n’avaient pas suscité autant de contestations. Mais à quelques semaines de la clôture des candidatures, plusieurs noms commencent à circuler dans les coulisses. Parmi les noms cités figure d’abord celui de Victor Montagliani. Le Canadien, président de la CONCACAF et vice-président de la FIFA, apparaît depuis plusieurs mois dans les discussions autour d’une éventuelle candidature. Sa confédération s’est notamment opposée au projet d’investissement porté par Infantino. Une position qui l’a placé au cœur des discussions sur l’avenir de la gouvernance de l’instance mondiale.
Autre figure connue du football international, le cheikh Salman bin Ibrahim Al Khalifa pourrait également être concerné par cette course. Le président de la Confédération asiatique de football (AFC) connaît déjà Infantino pour l’avoir affronté lors de l’élection présidentielle de 2016. Son nom revient aujourd’hui dans les discussions, alors que l’AFC s’est elle aussi montrée critique face au projet d’investissement de la FIFA.Le nom de Nasser Al-Khelaïfi circule également.
Président du Paris Saint-Germain et de l’European Football Clubs, le dirigeant qatari bénéficie d’un important réseau dans le football européen. Plusieurs dirigeants auraient souhaité le voir se lancer dans la course. Mais jusqu’ici, il a publiquement écarté cette perspective, affirmant ne pas avoir l’intention de briguer la présidence de la FIFA. D’autres profils sont également évoqués. C’est le cas du Polonais Dariusz Mioduski, propriétaire du Legia Varsovie et vice-président de l’ECA, mais aussi de Mattias Grafström, secrétaire général de la FIFA. Pour ce dernier, l’hypothèse serait plutôt celle d’une candidature issue de l’intérieur de l’institution.
Des projets qui ont fait monter la contestation
À noter que si ces profils commencent à apparaître dans les discussions, c’est aussi parce que le président actuel de la FIFA traverse une période marquée par plusieurs tensions avec certaines grandes fédérations. En effet, au cœur de la polémique figure notamment le projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui prévoyait l’arrivée d’investisseurs privés dans une structure commerciale liée aux compétitions de la FIFA.Le projet a provoqué une vive opposition, notamment en Europe, avant d’être finalement abandonné. Toutefois, plusieurs fédérations européennes ont progressivement pris leurs distances avec Infantino.
Après l’Angleterre et le pays de Galles, la Fédération française de football s’est également opposée à la poursuite du soutien au président de la FIFA. Plus récemment, la Fédération suisse de football a annoncé le retrait de son soutien, ajoutant une nouvelle voix à la contestation. À cela s’ajoutent les désaccords autour de la gestion financière de l’instance. L’UEFA et la CONCACAF ont notamment demandé une augmentation des distributions financières aux 211 associations membres de la FIFA ainsi qu’un audit indépendant des réserves de l’organisation. Infantino a ouvert la porte à un examen de ces demandes.
Pour être élu, il faudra obtenir la majorité des voix des 211 associations membres de la FIFA, soit au moins 106 suffrages. Signalons que l’élection présidentielle de la FIFA est attendue en mars 2027 à Rabat, au Maroc.
Alola BIAOU