La lutte contre le terrorisme au Sahel ne se joue pas seulement sur les champs de bataille. Elle se joue aussi dans les esprits, notamment auprès des jeunes à qui certains groupes armés présentent la violence comme un devoir religieux et la mort au combat comme un chemin vers le paradis.
Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré affirme avoir constaté un élément récurrent après la destruction de positions terroristes. « Vous ne pouvez pas détruire une base terroriste sans trouver de livre coranique », a-t-il déclaré à la télévision nationale RTB. Il est vrai que la présence de livres religieux ne constitue évidemment pas, à elle seule, une preuve d’endoctrinement. Mais elle renvoie à une réalité documentée : des groupes jihadistes imposent dans les territoires qu’ils contrôlent leur propre lecture de l’islam et utilisent la religion pour justifier la violence.
Mourir pour la religion
Le mécanisme est particulièrement dangereux lorsqu’il touche les jeunes. Dans le discours radical, l’adversaire est présenté comme un « mécréant » ou un ennemi de la religion. Le jeune recruté peut alors être convaincu que combattre, tuer ou mourir constitue un acte religieux ouvrant les portes du paradis. Un ancien membre d’Ansaroul Islam jugé au Burkina Faso avait ainsi expliqué avoir rejoint le groupe pour « combattre au nom la religion musulmane ».
C’est dans ce contexte que le capitaine Traoré veut contrôler davantage les formations religieuses à l’étranger. En juillet 2026, il a annoncé son intention de faire revenir environ 800 000 jeunes Burkinabè étudiant la charia dans des pays arabes, estimant que certains risqueraient de revenir avec des enseignements incompatibles avec la cohésion nationale.
Le problème dépasse donc la seule question militaire. Face au terrorisme, empêcher qu’une jeunesse soit transformée en réservoir de combattants suppose aussi de surveiller les mécanismes de recrutement, de renforcer l’éducation et de promouvoir un enseignement religieux qui ne confonde pas foi, haine et violence.