Depuis son accession à la magistrature suprême, le président de la République, Romuald Wadagni, a multiplié les initiatives à caractère social. Des personnes handicapées aux filles, en passant par les agents des mesures sociales, les commerçantes des marchés modernes ou encore les producteurs agricoles, plusieurs catégories de la population ont bénéficié de mesures destinées à améliorer leurs conditions de vie. Des annonces et actions largement saluées dans l’opinion. Mais sur les marchés, une autre réalité persiste, le panier de la ménagère demeure particulièrement mince.
Dans les ménages, le constat est presque quotidien. Faire les achats nécessite désormais davantage de moyens financiers. Le maïs, le riz, le gari et plusieurs autres produits alimentaires de première nécessité restent à des niveaux de prix qui les rendent difficiles d’accès pour certaines bourses. À cette pression sur l’alimentation s’ajoute celle exercée par les produits et services indispensables au quotidien. Le gaz domestique, le charbon de bois, l’essence et le pétrole pèsent également lourd dans les dépenses des ménages. Pour les familles qui utilisent encore le charbon ou le pétrole pour la cuisson et l’éclairage, chaque hausse se traduit directement par une augmentation du budget quotidien.
Du côté des transporteurs et des usagers de la route, le coût du carburant se répercute également sur les dépenses de déplacement et, indirectement, sur le prix de nombreux produits. C’est ici que le sujet de la question de l’efficacité sociale de la croissance prend tout son sens. Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État a lui-même insisté sur le fait que le niveau de développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses performances macroéconomiques. Le pouvoir d’achat des populations constitue également un indicateur essentiel. Autrement dit, la croissance se matérialise lorsqu’elle améliore concrètement le quotidien des citoyens. Les mesures sociales engagées par le gouvernement répondent certes à plusieurs besoins spécifiques, mais une aide ponctuelle peut soulager une catégorie donnée, sans pour autant résoudre la question plus globale du coût de la vie. Le défi qui se présente désormais à Romuald Wadagni est donc de parvenir à faire davantage ressentir les fruits de la croissance dans les marchés et les foyers.
Cela passe notamment par des mécanismes capables d’agir directement sur le prix des produits essentiels. Des mesures de subvention, lorsqu’elles sont économiquement soutenables peuvent contribuer à réduire le prix sur certains produits de première nécessité et sur les sources d’énergie domestique. Au-delà des chiffres de croissance et des investissements, c’est devant les étals des marchés et dans les cuisines des ménages que se joue une partie importante de l’appréciation de l’action sociale du gouvernement. Tant que le panier de la ménagère restera mince, les mesures sociales déployées par Romuald Wadagni ne font pas encore le poids.
Mohamed Yèkini