Human Rights Watch accuse les combattants russes d’Africa Corps d’avoir exécuté neuf civils, dont quatre enfants, lors d’une opération menée le 10 juillet à Bombori, dans le centre du Mali. L’ONG dénonce également des passages à tabac, des pillages et des incendies de maisons.
Selon le rapport publié jeudi 20 août, plus d’une centaine de combattants d’Africa Corps, accompagnés de plusieurs soldats maliens, ont fait irruption dans ce village de la région de Mopti aux premières heures de la journée. Les forces auraient ciblé le quartier peul, à la recherche d’informations sur d’éventuels liens avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda.
D’après les témoignages recueillis par Human Rights Watch, au moins 80 hommes et garçons ont été rassemblés, interrogés et battus. Six civils auraient été abattus alors qu’ils tentaient de fuir. Trois autres auraient ensuite été détenus puis exécutés, dont l’un par décapitation. Au moins huit habitations auraient également été pillées et incendiées.
Pour Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur le Sahel à Human Rights Watch, la composition de l’opération soulève la question de la responsabilité. Selon elle, les soldats maliens présents, peu nombreux, auraient principalement joué un rôle d’interprètes, tandis que les combattants russes constituaient l’essentiel des forces engagées.
L’ONG affirme qu’aucun combattant du Jnim ne se trouvait à Bombori au moment de l’opération. Cette accusation intervient moins d’un mois après un précédent rapport de HRW imputant à Africa Corps des frappes ayant tué huit civils à Kyrnia, également dans la région de Mopti.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU