Les résultats du Baccalauréat, session de juin 2026, sont désormais connus. Comme ceux du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) publiés quelques jours plus tôt, ils révèlent une triste réalité : les performances des candidats sont en baisse par rapport à l’année précédente. Si les taux de réussite restent globalement satisfaisants, la régression observée suscite des interrogations sur l’état du système éducatif béninois.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le Baccalauréat avait enregistré un taux de réussite de 73,02 %. Cette année, le taux d’admissibilité s’établit à 66,78 % soit une baisse de plus de six points. Le constat est encore plus marqué au niveau du BEPC. Alors que la session 2025 affichait un taux de réussite de 77,25 % celui de 2026 est retombé à 64,14 %, représentant une diminution de plus de treize points. Ces statistiques traduisent une régression globale dépassant les 10 % entre les deux années si l’on considère l’ensemble des examens concernés. Ces baisses aussi légères qu’elles peuvent paraître constituent un signal d’alerte.
Depuis plusieurs années, le Bénin s’est engagé dans une dynamique d’amélioration de la qualité de son système éducatif, avec des réformes pédagogiques, des investissements dans les infrastructures et des efforts de renforcement des capacités des enseignants. La baisse enregistrée cette année montre que ces acquis doivent être revus et que de nouveaux défis apparaissent. Pour les acteurs du monde éducatif, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette contre-performance. Les réseaux sociaux figurent parmi les principales causes évoquées. Ils occupent une place de plus en plus importante dans le quotidien des élèves, parfois au détriment des heures d’étude. Téléphones portables, vidéos courtes, jeux vidéo retiennent l’attention des apprenants et réduisent considérablement leur temps d’étude. On évoque aussila baisse du niveau d’encadrement dans certains établissements, les difficultés socio-économiques des familles, le manque de suivi pédagogique à domicile…
Quelques soient les explications, les autorités doivent comprendre que les statistiques ne doivent pas simplement être publiées et rangées dans les archives administratives. Le ministère en charge des Enseignements secondaire, celui de l’Enseignement supérieur pour le Baccalauréat, les responsables d’établissements, les enseignants et les parents d’élèves doivent analyser ensemble les causes réelles de cette baisse afin d’apporter des réponses adaptées. Il est nécessaire de poser un diagnostic objectif, d’identifier les insuffisances et de mettre en place des mesures correctives susceptibles d’améliorer les performances des apprenants dès les prochains examens.
Mohamed Yèkini