Au Bénin, la gestion de la discipline par la Fédération béninoise de football (Fbf) continue de susciter critiques et incompréhensions. À quelques mois de la fin du mandat du bureau exécutif dirigé par Mathurin de Chacus, le constat qui s’impose est celui d’une fédération évoluant à double vitesse, entre ambitions et réalités organisationnelles souvent contestées.
Depuis plusieurs années, certaines décisions prises par l’instance faîtière du football béninois alimentent les débats au sein des clubs, des dirigeants sportifs, des observateurs et des supporters. Loin de faire l’unanimité, la Fédération béninoise de football peine à convaincre par quelques pans de sa gouvernance. Plusieurs décisions prises ces dernières saisons ont été marquées par des revirements et des justifications qui peinent à convaincre. L’exemple le plus illustratif demeure le lancement de la Ligue professionnelle qui vient de s’achever. Avant son démarrage effectif, la compétition a connu de reports.
C’est aussi.le cas pour la saison 2023 – 2024 et 2024 – 2025 dont le démarrage a été reprogrammé trois fois Chaque report a été accompagné d’explications souvent jugées insuffisantes ou d’autres fois d’un mutisme. Seuls ce qui sont bien placés ont les réels motifs. Ces multiples ajournements ont perturbé la préparation des clubs et alimenté les débats sur les véritables raisons de ces retards. Une situation qui contraste avec les standards d’organisation que devrait afficher une fédération soucieuse de la crédibilité de ses compétitions.
La décision qui a véritablement ravivé les critiques ces derniers jours est l’annulation de la Coupe du Bénin. Alors que les clubs engagés se préparaient à entrer en compétition, un communiqué signé du secrétaire général de la Fédération a annoncé, à quelques jours seulement du coup d’envoi, l’annulation pure et simple de l’édition 2025-2026. Selon le document, cette décision est motivée par des « raisons d’ordre organisationnel et d’optimisation du calendrier sportif ». Le communiqué précise également qu’elle vise à « préserver la qualité des compétitions et à permettre aux clubs de mieux préparer la saison prochaine ».
Une argumentation qui, loin d’apaiser les tensions, a plutôt renforcé les interrogations, car dans une organisation sportive moderne, les compétitions sont planifiées plusieurs mois à l’avance. Le calendrier sportif est élaboré, validé et suivi par les structures compétentes sous la supervision de la fédération elle-même. Dès lors, invoquer des contraintes organisationnelles à quelques jours du démarrage d’une compétition nationale apparaît comme un aveu de mauvaise organisation.
Si le calendrier pose problème, la responsabilité revient aux acteurs en charge de son élaboration et de son suivi. Cette annulation donne ainsi l’impression d’une fédération qui peine encore à maîtriser certaines bases de la gestion sportive. À l’heure du bilan, force est de constater que les réalisations du bureau exécutif ne parviennent pas à faire oublier les nombreuses critiques qui ont jalonné son mandat.
Alors que celui-ci approche de son terme, beaucoup d’acteurs du football béninois espèrent une gouvernance davantage fondée sur l’anticipation, la transparence et la rigueur organisationnelle. Le développement du football passe aussi par une administration forte et capable de rassurer l’ensemble des acteurs du monde du football au Bénin.
Mohamed Yèkini