En dépit de son refus formulé au cours de sa déclaration solennelle en novembre dernier, Boni Yayi pourrait siéger dans la première mandature de la nouvelle institution. L’ancien président aurait, selon plusieurs indiscrétions, décidé de changer d’avis. Un changement d’avis entouré de mystères.
Contrairement à sa position de 2025, l’ancien Président pourrait siéger au Senat. Selon les indiscrétions, Boni Yayi aurait reçu plusieurs négociateurs venus le convaincre sur la nécessité pour lui et bénéfice pour le pays de siéger. A en croire les mêmes sources, le président Boni Yayi siégera au Sénat pour des raisons évidentes. En tant que démocrate respectueux des lois de la République, homme de paix et défenseur des droits du peuple souverain, le docteur Boni Yayi entendrait siéger au Sénat pour ne pas violer la constitution qui lui en fait obligation en tant que membre de droit.
De plus, aucune des luttes menées ses 10 dernières années par le patriarche en dehors et/ou au sein de ses formations politiques à savoir les Fcbe et Les LD, n’ont porté véritablement de fruit. La libération des détenus et le retour des exilés politiques ont été des combats jusqu’ici vains. L’exclusion politique, sociale et économique continuent d’avoir droit de citer au Bénin malgré les luttes menées par Boni Yayi et son parti. Aucune des lois scélérates dénoncées n’a pu être ni abrogée, ni modifiée pour répondre aux principes démocratiques et surtout aux valeurs d’un État soucieux de son développement et de l’épanouissement de son peuple. Sans élu et sans représentant au sein des grandes instances de prise de décisions pour la vie du pays, le parti Les Démocrates est dépourvu de tous les moyens démocratiques pour poursuivre son combat politique dans ce contexte de trêve politique où presque tout le monde est « dans le rang ».
A la dernière présidentielle, les Béninois ont tourné les anciennes pages en remettant leur espoir au président élu Romuald Wadagni. Même issu du régime défunt, le nouveau président n’est pas Patrice Talon et pourrait donc gouverner autrement. Conscient de tous ces faits et facteurs politiquement non négligeables, Boni Yayi voudrait jouer ses dernières cartes au sein du Sénat où il pourrait, selon les arguments avancés, peser lourd dans les décisions qui impacteraient à coup sûr la vie du pays.
« Par la presse, j’ai été informé du dépôt à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi modificative de la constitution. Elle vise à créer une institution appelée Sénat. Cette initiative ne va pas dans ce sens du renforcement de notre démocratie », déclarait l’ancien président le 3 Novembre 2025.
En revenant sur sa décision de ne pas siéger, le docteur a, sans doute, en toute connaissance de cause et en toute sagesse pris assez de recul pour bien peser le pour et le contre de son revirement. La seule question est de savoir si ses sociétaires LD et le peuple Béninois comprendront cette nouvelle posture au regard des évènements que vivent l’opposition et les indénombrables béninois qui croient encore en lui.
Une chose est certaine, Yayi lorgne le Sénat et pourrait y siéger les jours à venir.
Norbert Adjakoun