À peine investi dans ses fonctions de président de la République, Romuald Wadagni déploie déjà sa politique diplomatique. En l’espace de deux jours seulement, le nouveau chef de l’État a effectué une tournée sous-régionale qui l’a conduit successivement à Abuja, Niamey et Ouagadougou. Trois capitales visitées en un temps record, trois rencontres de haut niveau et une même ambition, renforcer la coopération de proximité avec les pays voisins du Bénin et accélérer la mise en œuvre de plusieurs axes stratégiques de développement et de sécurité.
Trois capitales en deux jours. C’est le bilan à dresser des premières visites officielles du nouveau président de la République, Romuald Wadagni. Cette activité diplomatique intense constitue sans doute le premier fait marquant du début du mandat du nouvel homme fort béninois. Le successeur de Patrice Talon semble avoir fait le choix d’une diplomatie offensive, fondée sur le dialogue direct avec les partenaires régionaux. Un choix qui traduit en actes les engagements de campagne du nouveau président en faveur d’une coopération sous-régionale plus dynamique et davantage tournée vers les intérêts des populations.
Renforcement de l’axe Cotonou – Abuja
La première étape de ce périple a conduit le président béninois à Abuja, capitale de la République fédérale du Nigeria. Chez le grand voisin de l’Est, les échanges avec le président Bola Ahmed Tinubu ont porté sur plusieurs sujets stratégiques. Selon des sources concordantes, les discussions ont principalement concerné les échanges commerciaux, la libre circulation des personnes et des biens ainsi que le renforcement de la coopération en matière de renseignement et de sécurité. Les deux dirigeants ont également évoqué la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière qui demeurent des préoccupations majeures dans la sous-région. Les deux présidents ont également échangé sur la libre circulation des personnes et des biens entre les deux pays frères qui partagent beaucoup de points de frontières aquatiques et terrestres. Les discussions se sont aussi axées sur le renforcement de la coopération entre les deux États. Romuald Wadagni a par ailleurs exprimé sa gratitude aux autorités nigérianes pour leur contribution à la préservation de la sécurité durant le processus électoral et la période ayant entouré son investiture.
L’ouverture de la frontière Bénin – Niger: une imminence
Les lignes sont en train de bouger entre Cotonou et Niamey. Après plusieurs mois marqués par des tensions diplomatiques, les relations entre le Bénin et le Niger semblent désormais se normaliser. La rencontre tenue à Niamey entre le président béninois Romuald Wadagni et son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, est la preuve palpable. Cette visite officielle apparaît comme un tournant dans les rapports entre les deux pays. Selon le communiqué conjoint ayant sanctionné les échanges, les discussions se sont déroulées dans un climat de grande cordialité. Les deux dirigeants ont procédé à un examen approfondi des défis auxquels leurs pays sont confrontés ainsi que des principales questions d’actualité aux niveaux sous-régional et international. Cette rencontre a été une occasion pour les deux présidents de tourner la page des divergences. Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani se sont félicités des relations historiques de fraternité, d’amitié et de coopération qui unissent les peuples béninois et nigérien. Mieux, ils ont réaffirmé leur détermination commune à insuffler une nouvelle dynamique à cette coopération afin de la hisser à la hauteur des attentes légitimes de leurs populations respectives. Face à la menace persistante du terrorisme et du banditisme transfrontalier qui fragilisent les efforts de développement dans la sous-région, ils ont réaffirmé leur engagement à unir leurs forces. Cette volonté commune de renforcer la coopération sécuritaire constitue un signal fort dans un contexte où les défis sécuritaires dépassent largement les frontières nationales. Les présidents béninois et nigérien se sont déclarés convaincus de la nécessité de renforcer les échanges politiques, économiques, scientifiques et culturels entre leurs deux pays. Ils ont notamment convenu de dynamiser la commission mixte de coopération nigéro-béninoise afin d’accroître les échanges à tous les niveaux. La question de la réouverture de la frontière Bénin-Niger, au cœur des préoccupations des populations et des opérateurs économiques, a également fait l’objet d’une attention particulière. Les deux chefs d’État ont exprimé leur volonté de lever tous les obstacles qui freinent le renforcement de la coopération entre leurs pays. Dans cette perspective, un comité d’experts a été mis en place avec pour mission d’identifier les difficultés existantes et de proposer des solutions concrètes. Ce comité dispose d’un délai de quinze jours pour soumettre ses recommandations aux deux dirigeants. Cette décision apparaît comme l’un des signes les plus tangibles de la volonté commune de normalisation. Si les conclusions de ce comité débouchent sur des mesures concrètes, la réouverture de la frontière pourrait intervenir dans un avenir très proche, ouvrant ainsi une nouvelle page dans les relations entre Cotonou et Niamey. L’autre geste fort est l’invitation officielle adressée par le président Romuald Wadagni à son homologue nigérien pour effectuer une visite au Bénin. L’acceptation de cette invitation par le général Abdourahamane Tiani témoigne de la qualité retrouvée du dialogue entre les deux capitales. La rencontre de Niamey pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle dynamique entre le Bénin et le Niger.
Ouagadougou, un des partenaires privilégiés
À Ouagadougou enfin, le président béninois a poursuivi cette dynamique de rapprochement avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. Dans un contexte régional marqué par la menace terroriste et les défis sécuritaires, les échanges ont porté sur la nécessité d’une coopération renforcée pour garantir la stabilité de la sous-région et lutter contre le terrorisme. Les deux chefs d’États ont également échangé sur la libre circulation des personnes et des biens dans les deux pays. La question des échanges commerciaux était aussi au rendez-vous des discussions. Cette étape burkinabè témoigne de la volonté du nouveau président béninois de maintenir le dialogue avec tous ses voisins À travers cette tournée, Romuald Wadagni réitère la détermination du Bénin à demeurer un acteur majeur de l’intégration sous-régionale et privilégier la concertation pour résoudre les différends.
Mohamed Yèkini