L’administration américaine a annoncé, le 22 mai 2026, une nouvelle orientation sur les demandes de résidence permanente. L’USCIS considère désormais l’ajustement de statut depuis le territoire américain comme une mesure « exceptionnelle », obligeant de nombreux candidats à retourner dans leur pays d’origine pour finaliser leur procédure.
Le parcours vers la carte verte se complique pour des milliers d’étrangers vivant légalement aux États-Unis. Dans un mémo publié le 21 mai et rendu public le lendemain, l’US Citizenship and Immigration Services (USCIS) affirme que l’« adjustment of status », qui permettait de demander une résidence permanente sans quitter le territoire américain, ne doit plus être considéré comme une procédure ordinaire.
Selon le document officiel PM-602-0199, l’USCIS estime que la procédure normale doit désormais passer par les consulats américains à l’étranger, sous la supervision du Département d’État. Les agents de l’immigration devront examiner les demandes « au cas par cas » et réserver les ajustements de statut à des « circonstances extraordinaires ».
Le porte-parole de l’USCIS, Zach Kahler, a déclaré que cette mesure vise à « revenir à l’intention originelle de la loi » et à limiter les situations où des étrangers restent illégalement sur le territoire après un refus de résidence.
Concrètement, plusieurs catégories de titulaires de visas temporaires — notamment les étudiants F-1, certains travailleurs temporaires ou visiteurs — pourraient être contraintes de quitter les États-Unis pour poursuivre leur demande depuis leur pays d’origine. Les détenteurs de visas à « double intention » comme les H-1B et L-1 octroyés aux employés étrangers recrutés par des grandes entreprises américaines, pourraient toutefois bénéficier d’un traitement plus souple.
Vives inquiétudes chez les défenseurs des migrants
Des organisations comme HIAS et plusieurs cabinets spécialisés dénoncent une mesure susceptible d’allonger les délais, de séparer des familles et d’exposer certains demandeurs vulnérables à des risques sécuritaires dans leur pays d’origine.
Même si le mémo ne modifie pas directement la loi migratoire américaine, des experts estiment qu’il ouvre la voie à une application beaucoup plus restrictive des demandes de carte verte. Plusieurs recours judiciaires sont déjà envisagés.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a multiplié les réformes migratoires restrictives. Son administration a lancé une vaste politique de déportations, renforcé les arrestations d’immigrés et limité l’accès à l’asile à la frontière sud. Elle a également tenté de restreindre le droit du sol pour les enfants nés de parents en situation irrégulière ou titulaires de visas temporaires. Washington a aussi suspendu certains programmes humanitaires, durci les conditions d’obtention des visas et renforcé les contrôles sécuritaires visant plusieurs pays. Selon des sources officielles, plus de 500 mesures migratoires auraient été adoptées durant la première année du second mandat Trump.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU.