À l’occasion de deux sessions de la Commission administrative paritaire (CAP) consacrées aux avancements de grades puis au dialogue social tenues les 30 juin et 7 juillet 2026, es syndicats du secteur de la santé ont dressé un tableau préoccupant des conditions de travail dans les formations sanitaires béninoises. Entre pénurie de personnel, inégalités de traitement, agents sans salaire, carrières bloquées et précarité persistante, les représentants des travailleurs appellent les autorités à engager des réformes urgentes pour éviter une dégradation davantage du système de santé.
Les syndicats du secteur de la santé ont profité des deux sessions de la Commission administrative paritaire (CAP) pour mettre en lumière les nombreuses difficultés qui minent le fonctionnement des structures sanitaires au Bénin. Au-delà des dossiers administratifs examinés, les représentants des travailleurs ont dénoncé des réalités qu’ils jugent incompatibles avec un système de santé performant.
En effet, parmi les préoccupations majeures figure la situation des aides-soignants. Les syndicats dénoncent une opération de conversion de certains d’entre eux en « hygiénistes de salle », alors que ce corps n’est pas encore officiellement reconnu dans les textes en vigueur. Ils exigent l’arrêt immédiat de cette démarche et rappellent que les aides-soignants constituent un corps légalement reconnu. Les représentants du personnel pointent également le manque criard d’effectifs dans plusieurs formations sanitaires. Selon eux, des agents se retrouvent seuls à assurer les services, enchaînant des gardes de 24 heures avec seulement 24 heures de repos. Cette insuffisance pousse parfois des aides-soignants à accomplir des actes réservés aux infirmiers ou aux sages-femmes, tandis que certains infirmiers sont amenés à poser des actes médicaux relevant des médecins. Une situation jugée dangereuse aussi bien pour les professionnels que pour les patients.
Les syndicats dénoncent aussi les profondes inégalités qui traversent le secteur. Ils évoquent notamment des travailleurs qui exercent depuis plusieurs années sans percevoir de salaire, des agents recrutés sur financements communautaires ou sur fonds propres dont les rémunérations restent inférieures au SMIG et qui, pour certains, ne bénéficient même pas d’une couverture sociale.
Par ailleurs, la gestion des carrières est l’autre sujet préoccupant pour eux. À en croire le porte-parole des syndicats, les plans de formation auraient disparu depuis près d’une décennie, tandis que les agents ayant financé eux-mêmes leur perfectionnement attendent toujours une reconnaissance de leurs nouveaux diplômes. Les avancements d’échelons, les avenants et plusieurs engagements pris par les autorités tarderaient également à se concrétiser.
Enfin, les syndicats estiment que les mesures de motivation profitent essentiellement aux médecins, laissant de côté les paramédicaux, les personnels administratifs et les retraités, dont certains percevraient des pensions largement inférieures au SMIG. Face à cet ensemble de difficultés, ils exhortent le gouvernement à ouvrir un véritable dialogue social afin d’apporter des réponses durables aux revendications des travailleurs et de préserver la qualité des soins offerts aux populations.
Gildas AHOGNI