Les autorités de la junte militaire au pouvoir au Niger viennent de poser un acte à forte portée sociale. Le Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP) a décidé de réglementer les prix des loyers des habitations tout en prévoyant des sanctions sévères, y compris des peines de prison, contre les contrevenants. Une décision qui suscite déjà de nombreux commentaires dans la sous-région, car elle touche un secteur prioritaire de la vie quotidienne des populations.
Plus question de fixer de façon anarchique les tarifs de location des habitations et autres au Niger. Un décret pris par le chef du Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (Cnsp), Abdouramane Tiani vient de définir les prix de ses prestations immobilières. En effet, pendant de longues années, le domaine de la location des maisons et appartements a été abandonné à une forme d’anarchie inquiétante. Dans plusieurs villes africaines, les propriétaires imposent des tarifs souvent excessifs, sans aucun contrôle réel. Les augmentations fantaisistes des loyers, les cautions exorbitantes et les pratiques abusives sont devenues le quotidien de nombreux citoyens.
Face à cette situation, l’État nigérien a choisi de reprendre la main afin de mettre fin aux dérives qui appauvrissent davantage les populations. En décidant de fixer des plafonds de loyers selon les catégories d’habitations et les zones concernées, les autorités du régime militaire entendent instaurer une mesure sociale avec plus de justice dans le secteur immobilier. Mieux, l’instauration de peines de prison contre les propriétaires ou acteurs qui violeraient les nouvelles dispositions démontre une volonté de fermeté.
C’est un acte qui vise à réorganiser un secteur ayant été longtemps victime d’abus. Certains propriétaires profitent de la forte demande en logements pour imposer leurs propres règles en flagrante violation des dispositions légales et réglementaires.
Le Bénin doit emboîter le pas au Niger
Le Bénin, voisin du Niger, gagnerait d’ailleurs à s’inspirer de cette démarche. Il est vrai que sous le régime du président Patrice Talon, des réformes ont été engagées avec l’adoption d’une loi sur le bail à usage domestique. Cette initiative ayant suscité beaucoup d’espoir au sein des populations, a vite montré ses limites. Elle présente encore plusieurs insuffisances. Aujourd’hui encore, dans plusieurs villes béninoises, les propriétaires continuent d’agir selon leur désir. Les tarifs définis sans justification, les avances réclamées dépassent les trois exigés par la loi et les litiges entre bailleurs et locataires se multiplient.
Conséquence directe, cette faiblesse du cadre juridique favorise malheureusement la perduration de l’anarchie dans un secteur essentiel à la stabilité sociale. Il est donc temps pour les autorités béninoises de revoir leur copie. Le modèle nigérien montre qu’il est possible pour un État de protéger efficacement les citoyens contre certaines formes d’injustice sociale. Le Bénin ferait œuvre utile en renforçant sa législation sur les loyers, en fixant des règles et surtout en prévoyant des sanctions exemplaires contre les auteurs de pratiques illégales.
Sans une fermeté de l’État, les textes de loi risquent de ne jamais être respectés. La régulation du secteur locatif doit être considérée comme une priorité sociale majeure. En prenant des mesures idoines contre les abus dans le domaine des loyers, le Niger est considéré comme une école. Le nouveau président de la République, Romuald Wadagni doit en faire une priorité dès sa prise de pouvoir.
Alassane Touré
Voici e décret du Niger qui fixe les tarifs des loyers



