En marge de la clôture du sommet Africa Forward Summit à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a relancé le débat sur l’avenir du franc CFA. Dans un entretien accordé le 12 mai à RFI, France 24 et TV5Monde, il a estimé que Paris avait déjà rempli sa part des réformes engagées depuis 2019.
Le président français a affirmé que l’avenir du franc CFA dépend désormais des dirigeants ouest-africains. Interrogé à Nairobi à l’issue du sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a rappelé que la France avait supprimé plusieurs mécanismes historiques liant la monnaie ouest-africaine au Trésor français, notamment le compte d’opérations et la présence de représentants français dans les organes de gouvernance monétaire.
Selon lui, seule la garantie de convertibilité avec l’euro a été maintenue à la demande des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). « Nous avons pris toutes les responsabilités qui étaient les nôtres », a déclaré le chef de l’État français, estimant que la suite de la réforme dépend désormais des pays africains concernés.
Au cours de l’entretien, Emmanuel Macron a aussi évoqué le projet de monnaie unique ECO porté par la CEDEAO. Initialement annoncée pour 2020, cette réforme a été retardée par les divergences économiques entre États membres et les crises régionales. Le président français a appelé les dirigeants ouest-africains à « aller au bout » du processus d’intégration monétaire et commerciale.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de recul de l’influence française au Sahel et de critiques persistantes contre le franc CFA, considéré par certains comme un héritage colonial. D’autres défendent toutefois une monnaie qui garantit stabilité financière et faible inflation dans plusieurs pays africains.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU