Donald Trump a annoncé vendredi 15 mai la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté comme le numéro deux mondial de l’organisation État islamique. L’opération, menée conjointement avec les forces nigérianes, marque un nouveau tournant dans la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja.
Le président américain Donald Trump a affirmé que les forces américaines et nigérianes avaient éliminé Abu-Bilal al-Minuki lors d’une opération militaire menée dans le bassin du lac Tchad. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le dirigeant américain a qualifié le chef jihadiste de « terroriste le plus actif au monde », assurant qu’il ne pourrait « plus terroriser les populations africaines ».
Selon plusieurs médias internationaux, l’opération a été conduite vendredi 15 mai après plusieurs semaines de surveillance et de renseignement. Washington présente Abu-Bilal al-Minuki comme le chef adjoint mondial de l’État islamique et l’un des principaux responsables des activités du groupe en Afrique de l’Ouest. Les autorités américaines l’avaient inscrit sur leur liste des terroristes internationaux dès 2023.
Une opération stratégique au Sahel
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a salué une « opération audacieuse » menée avec l’appui des États-Unis. D’après Reuters et plusieurs médias africains, plusieurs proches lieutenants d’al-Minuki auraient également été tués au cours de l’assaut.
Cette annonce intervient alors que l’Afrique subsaharienne est devenue l’un des principaux foyers d’activité de l’État islamique. Les groupes affiliés à l’EI et à Boko Haram continuent de multiplier les attaques dans le nord-est du Nigeria ainsi que dans la région du lac Tchad, malgré les offensives militaires répétées.
Une coopération renforcée sous Trump
Le président Trump au cours de son second mandat avait dénoncé à plusieurs reprises un « massacre » orchestré par les terroristes contre les chrétiens nigérians. De son côté, le gouvernement nigérian a fermement nié ces faits et parle plutôt d’attaques visant une majorité religieuse de chrétiens et musulmans.
Ainsi depuis plusieurs mois, Washington renforce son soutien sécuritaire au Nigeria à travers des missions de renseignement, de formation et d’appui logistique. En décembre 2025, les États-Unis avaient mené des frappes contre des positions de l’État islamique dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria, avec l’accord des autorités nigérianes. Plusieurs sources ont indiqué que l’opération avait été lancée depuis un destroyer américain de classe Arleigh Burke positionné dans le golfe de Guinée.
Selon les informations publiées à l’époque, des missiles de croisière Tomahawk auraient été utilisés contre des camps jihadistes liés à l’EI dans la forêt de Bauni. Le commandement américain pour l’Afrique (Africacom) avait confirmé des frappes « de précision » coordonnées avec Abuja.
L’opération avait marqué une escalade notable de l’implication militaire américaine au Nigeria, car c’était l’une des premières frappes revendiquées publiquement depuis une plateforme navale contre des cibles situées sur le territoire nigérian. Plusieurs médias avaient également diffusé des vidéos montrant le lancement de missiles depuis un navire de guerre américain.
Cette nouvelle opération conjointe apparaît comme l’une des plus importantes réussites militaires annoncées par les deux pays contre l’État islamique en Afrique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU