Réuni en Conseil des ministres ce mercredi, le gouvernement a entériné la dissolution des agences en charge de la sauvegarde et de la promotion du patrimoine culturel national. Une décision qui, reconfigure l’architecture institutionnelle du secteur.
C’est un tournant majeur dans la gouvernance culturelle béninoise. À travers cette décision, l’exécutif poursuit sa politique de rationalisation de l’administration publique, avec pour ambition de réduire les doublons et de renforcer l’efficacité des dispositifs étatiques. Les structures dissoutes étaient chargées de la valorisation du patrimoine culturel béninois, aussi bien dans les domaines des arts que des traditions et des expressions historiques du pays.Du moins, cette suppression s’inscrit dans une volonté affichée de repenser les mécanismes de gestion du patrimoine, afin de les aligner sur les nouvelles ambitions nationales en matière de gouvernance et de rayonnement culturel. Aucun modèle de remplacement n’a, pour l’heure, été officiellement détaillé, laissant planer des interrogations sur la future organisation du secteur.
Dans la foulée, les autorités ont procédé à la désignation d’un liquidateur. Celui-ci aura pour mission de conduire l’ensemble des opérations de clôture : inventaire des actifs, règlement des engagements financiers, traitement des dossiers du personnel et extinction progressive des activités des agences concernées.
Si la décision marque une étape administrative importante, elle ouvre également une zone d’incertitude dans les milieux culturels. Plusieurs acteurs s’interrogent déjà sur la continuité des projets en cours ainsi que sur l’avenir des programmes de sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel.
En attendant les précisions du gouvernement sur la future configuration institutionnelle, cette réforme apparaît comme un signal fort d’une profonde réorganisation du secteur culturel béninois, appelé désormais à amorcer une nouvelle étape de son évolution.
Esdras A. BIAOU