En République démocratique du Congo, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution ravive les tensions politiques. L’opposant Martin Fayulu hausse le ton face aux soupçons visant le président Félix Tshisekedi.
En République démocratique du Congo, la question de la révision de la Constitution s’impose à nouveau au cœur du débat public. Face aux étudiants de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC), Martin Fayulu a exprimé une opposition ferme à toute modification qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
« S’il ose s’embarquer dans cette voie, il me verra devant lui », a-t-il lancé, rappelant les mobilisations de 2015 contre Joseph Kabila.
« Nous avons dit non au troisième mandat […] c’était la ligne rouge », a-t-il insisté, établissant un parallèle direct avec les tensions politiques passées. Pour lui, le changement de la Constitution constitue précisément cette limite à ne pas franchir.
Tout en reconnaissant que la Constitution prévoit sa propre révision, l’opposant s’interroge sur sa pertinence actuelle. « Aujourd’hui, on va réviser quoi ? Ce qui fait que nous sommes vraiment obligés de réviser ? » a-t-il demandé.
Il rappelle également un principe de gouvernance. « Quand vous êtes dirigeant, vous faites des améliorations […] ça ne doit pas vous profiter », citant l’exemple de l’ancien président des États-Unis Barack Obama.
Fayulu plaide en outre pour un processus inclusif. Pour lui toute modification de la constitution doit « embarquer toute la population », soulignant que les révisions constitutionnelles sérieuses peuvent s’étendre sur plusieurs années.
« La souveraineté nationale appartient au peuple »
En face, certains responsables politiques défendent la légitimité du débat. Au cours d’une interview accordée à RFI dans l’émission Invité Afrique, animée par Christophe Boisbouvier, le vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi a donné sa position.
En s’appuyant sur l’article 5 de la Constitution, qui stipule que « la souveraineté nationale appartient au peuple ». Selon lui les Congolais ont le plein droit à décider d’une éventuelle révision par référendum.
Dans un pays marqué par les crises liées aux prolongations de mandat, cette controverse ravive les tensions. À l’approche de 2028, la question constitutionnelle apparaît déjà comme un test majeur pour la stabilité politique et la crédibilité démocratique du pays.
Ezechiel Dagbégnon PADONOU