Pour commémorer le 27ème anniversaire du décès de Monseigneur Isidore de Souza, l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP/CO) a présenté dans la soirée du mardi 17 mars 2026, une édition spéciale de sa revue « La petite missive » intitulée « Appel spécial de l’IAJP/CO ». Cette publication renseigne sur les risques de dérive politique et appelle à un engagement citoyen. Cet appel est lancé pour préserver également les acquis démocratiques et renforcer l’héritage politique du pays.
C’est au cours d’une conférence de presse animée par le journaliste Hugues Hector Zogo, en présence du directeur de l’institution, le Père Eric Aguénounon et de l’ancien recteur de l’Université d’Abomey-Calavi Maxime da Cruz que la présentation du document a eu lieu. Le document se veut une contribution au débat public à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026 au Bénin. Dans son intervention, le Père Aguénounon a mis un accent particulier sur l’héritage de Mgr Isidore de Souza qui est la démocratie. Elle est « comme un déterminant et une exigence du bien commun ». Le Directeur de l’IAJP a rappelé que la doctrine sociale de l’Eglise définit le bien commun « comme l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement ». Cette approche est mobilisée pour éclairer les enjeux actuels liés à la gouvernance et à la participation citoyenne.
L’enracinement de la démocratie
Le Directeur de l’IAJP a indiqué « qu’en examinant la culture démocratique et sa pratique, on découvre que la démocratie s’enracine profondément lorsqu’elle commence à sublimer le bien commun. Et le bien commun, à son tour, humanise la démocratie. « Cela donne un siècle d’exercices de la vérité, de service de la charité, de travail collectif assidu, d’enseignement de la droiture et d’une conscience tenace. C’est ici que prend tout son sens la charge de l’IAJP Chant d’Oiseau comme institution pensée par Mgr Isidore de Sousa. Héritier de Mgr Isidore de Sousa, nous sommes appelés à l’incarner dans notre pensée, dans nos réflexions et actions pastorales », a-t-il laissé entendre.
Pour lui, « Mgr Isidore de Sousa ne devrait être une icône de pièce de musée. Il devait être enseigné, valorisé et proposé comme modèle de vie et d’engagement citoyen pour le bien supérieur de la nation béninoise. Mgr Isidore de Sousa ne devrait être une icône de pièce de musée ». Il a insisté qu’ il doit être enseigné, valorisé et proposé comme modèle de vie et d’engagement citoyen pour le bien supérieur de la nation béninoise ». «Notre appel pour les temps à venir », dit-il « s’inscrit dans une dynamique d’appropriation de la pensée de Mgr Isidore de Sousa sur la démocratie et le bien commun en vue de vivre plus pleinement et fécondement la mystique du semeur ».
Une interpellation civique et prophétique
Quant au présentateur de l’œuvre, Hugues Hector Zogo, il a déclaré que le texte qui lui est soumis, « est une déclaration publique de l’Institut des artisans de justice et de paix, un organe de réflexion et de veille éthique ancré dans l’Église catholique du Bénin ». Selon lui, « il ne s’agit ni d’un communiqué de circonstances, ni d’une simple prise de position pastorale, mais plutôt d’une interpellation civique et prophétique d’une rare densité intellectuelle et morale ». Ce document, dit-il, « se situe à la confluence de la théologie politique, de la philosophie morale et de l’analyse socio-historique ». Il a signifié que ledit document « représente bien plus qu’un simple avis d’un groupe catholique ». C’est un document phare qui, selon le présentateur, « synthétise les inquiétudes d’une partie substantielle de la société civile, intellectuelle et morale face à la trajectoire politique de notre pays, le Bénin ».
Hugues Hector Zogo n’a pas manqué de souligner qu’ « il articule une inquiétude historique, un diagnostic sévère du présent et une proposition exigeante pour l’avenir, le tout porté par une langue et une argumentation qui en font une pièce majeure du débat démocratique en cours ». Il a souligné que « sa lecture est donc indispensable pour quiconque souhaite comprendre les lignes de fracture et les enjeux éthiques qui sous-tendent la préparation des élections de 2026 et plus largement l’avenir du contrat bureaucratique béninois ». L’esprit critique qu’il anime, affirme-t-il, « n’est pas de destruction, mais de vigilance salvatrice, invitant à un sursaut collectif avant qu’il ne soit trop tard ».
