À peine installé à la tête de la commune de Parakou, le nouveau maire Zul Kifly Zakarie suscite déjà des interrogations, voire des inquiétudes au sein de l’opinion publique. Alors que les populations attendaient des premiers signaux forts en matière de leadership, les débuts du jeune édile semblent plutôt marqués par des sorties jugées maladroites et des décisions controversées.
Zul Kifly Zakarie pourra t-il incarner cette autorité que les populations attendent de lui? C’est la question qu’on se pose au regard des agissements du nouveau maire depuis sa prise de fonction. La première polémique est intervenue quelques heures seulement après sa désignation. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le maire s’adressait à ses collaborateurs dans un ton qui a surpris plus d’un. Le discours, perçu comme autoritaire donnait davantage l’impression d’un encadrement scolaire que des échanges avec l’administration communale. Les termes employés, loin de refléter la posture d’un gestionnaire d’une commune à statut particulier, ont suscité des critiques sur son sens du leadership et de la mesure.
À cette première sortie s’ajoute une autre affaire qui alimente les débats. Selon des sources concordantes, le maire aurait personnellement intervenu pour empêcher la tenue d’une séance de prière prévue en faveur de Reckya Madougou. Il aurait, toujours selon les mêmes sources, contacté l’imam chargé d’officier ladite prière afin de lui interdire formellement toute initiative en ce sens. Une démarche qui, si elle est avérée, soulève des questions sur le respect des libertés religieuses et d’expression dans la gestion des affaires locales. Face à ces deux épisodes rapprochés, une interrogation majeure s’impose : le maire de la cité des Koburu ne fait-il pas preuve d’un zèle excessif dans l’exercice de ses fonctions ?
À vouloir trop rapidement imposer son autorité, ne risque-t-il pas de compromettre le climat de confiance nécessaire à une gouvernance efficace et inclusive ? Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est le profil du maire lui-même. Issu de la jeunesse, il incarne aux yeux de nombreux citoyens la nouvelle génération dans la sphère politique, mais ces premiers pas autoritaires, pourraient contribuer à ternir l’image d’une jeunesse appelée à prendre davantage de responsabilités. La question de la maturité politique de cette nouvelle élite se pose alors avec acuité.
Dans un contexte où les attentes sont fortes, notamment de la part des populations qui ont massivement soutenu le Bloc Républicain, il apparaît urgent pour le maire de revoir sa posture. Gouverner une commune comme Parakou exige non seulement de l’autorité, mais aussi du tact, de l’écoute et un profond respect des sensibilités sociales et culturelles. Il appartient donc au maire de rectifier le tir, au risque de s’aliéner une population qui, pourtant, lui a accordé sa confiance, car entre fermeté et excès de zèle, la frontière est mince, et c’est précisément sur cette ligne que semble aujourd’hui évoluer le premier responsable de la ville.
Alassane Touré