Le Haut Conseil National du Vodoun Hoxo-Sika entend mettre fin à l’exploitation du caractère sacré des jumeaux à des fins lucratives. Dans une décision prise le 5 octobre 2026, l’instance interdit notamment la mendicité pratiquée par des personnes se présentant comme des mères de jumeaux, ainsi que la promotion en ligne de consultations et de rituels liés à ce culte.
Dans les marchés, les bars, aux abords des routes ou encore dans les lieux de rassemblement, la scène est devenue familière. Des personnes, souvent présentées comme des mères de jumeaux, circulent avec des représentations de jumeaux réincarnés, généralement des statuettes en bois, et sollicitent l’argent des passants. Une pratique désormais dans le viseur des autorités traditionnelles du culte des jumeaux.
En effet, le Haut Conseil National du Vodoun Hoxo-Sika a décidé d’y mettre un terme. Dans un communiqué révélé par La Nouvelle Tribune, le Conseil interdit la mendicité au nom des jumeaux, notamment lorsque des individus se présentent comme des parents de jumeaux pour obtenir de l’argent. La mesure concerne également la proposition ou la diffusion sur les réseaux sociaux de consultations et de rituels liés au culte des jumeaux.
Un culte sacré transformé en moyen de subsistance
Au Bénin, les jumeaux occupent une place particulière dans les traditions vodun. Ils sont considérés comme sacrés et font l’objet de pratiques et de soins spécifiques. Dans certaines traditions, les jumeaux décédés sont représentés par des statuettes appelées jumeaux réincarnés, auxquelles leurs familles continuent d’accorder une attention particulière. Mais ces croyances seraient de plus en plus utilisées à des fins commerciales. Des personnes exposent les représentations de jumeaux dans l’espace public et sollicitent des dons, en laissant entendre que l’argent, les aliments ou les présents offerts pourraient attirer en retour la prospérité ou la bénédiction. Une instrumentalisation que le Haut Conseil veut désormais combattre. Pour l’instance, le caractère sacré des jumeaux ne saurait servir de prétexte à la mendicité ou à des activités lucratives.
La décision du 5 octobre intervient ainsi comme une mise en garde. Les personnes qui continueront à utiliser les jumeaux pour mendier ou à promouvoir certaines pratiques cultuelles interdites s’exposent à des sanctions. À travers cette mesure, le Haut Conseil National du Vodoun Hoxo-Sika entend surtout préserver la dimension spirituelle et traditionnelle du culte des jumeaux, tout en mettant fin à ce qu’il considère comme une exploitation abusive de cette croyance.
ASG