Deux ans après son incarcération, Steve Amoussou est désormais libre de ses mouvements. Le cyberactiviste qui était vu comme « Frère Hounvi» a quitté, ce jeudi 20 août 2026, la prison civile d’Akpro-Missérété, après avoir purgé la peine de deux ans de prison ferme prononcée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Son dossier avait débuté en août 2024 dans des circonstances particulièrement retentissantes. Arrêté à Lomé, au Togo, Steve Amoussou avait ensuite été extradé vers le Bénin. À son arrivée, il avait été présenté au procureur spécial de la CRIET, ouvrant une procédure judiciaire qui allait rapidement susciter de nombreuses réactions.
Au début de l’affaire, le parquet spécial le poursuivait notamment pour harcèlement par voie électronique, initiation et diffusion de fausses nouvelles ainsi que provocation directe à la rébellion. La justice le soupçonnait également d’être l’homme derrière le pseudonyme « Frère Hounvi », auteur de chroniques particulièrement critiques à l’égard du régime. Steve Amoussou avait toujours contesté être l’auteur de ces publications.
L’évolution judiciaire du dossier a ensuite été marquée par une requalification des faits. En première instance le 2 juin 2025, les infractions finalement retenues étaient « injure avec motivation politique » et diffusion de fausses nouvelles. Il a été condamné à deux ans de prison et une amende.
La chambre des appels de la CRIET a également procédé à une requalification des faits dans le cadre de l’examen du dossier. Dès lors, Steve Amoussou était poursuivi pour harcèlement par le biais d’une communication électronique, la diffusion de fausses nouvelles et l’incitation à la rébellion. Une peine de deux ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de deux millions de francs CFA, avait été prononcée.
Ce jeudi, le chapitre carcéral de l’affaire qui a tenu le peuple en haleine pendant 24 mois se referme donc pour Steve Amoussou. Après deux années derrière les barreaux, il retrouve sa liberté, laissant désormais place aux débats sur les suites de cette affaire et sur les questions autour de la liberté d’expression au Bénin.
M.Y