La confrontation militaire entre les États-Unis et l’Iran s’est encore aggravée ce week-end. Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que Washington a lancé une troisième vague de frappes contre des installations militaires iraniennes.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré avoir fermé « jusqu’à nouvel ordre » le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du commerce mondial de pétrole. Selon Téhéran, cette décision fait suite à un incident impliquant un navire accusé d’avoir emprunté une route non autorisée et intervient dans un contexte de poursuite des opérations militaires américaines dans la région.
En réponse, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé une troisième série de frappes contre des sites militaires iraniens. Washington affirme agir en représailles à une attaque iranienne contre un porte-conteneurs civil naviguant dans le détroit d’Ormuz. Les bombardements ont visé des infrastructures de missiles, de drones, des systèmes de surveillance et des capacités navales afin de réduire la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale.
Menaces croisées entre Washington et Téhéran après la mort du guide suprême
Le président américain Donald Trump a déclaré avoir laissé des instructions à l’armée américaine pour bombarder l’Iran à des niveaux jamais vus en cas d’assassinat. « J’ai laissé des instructions pour bombarder l’Iran à des niveaux jamais vus s’ils réussissent à m’assassiner. », a-t-il déclaré. Cette déclaration intervient après la diffusion de menaces de représailles en Iran, où plusieurs rassemblements organisés lors des funérailles d’Ali Khamenei ont vu des participants appeler à la mort du président américain.
Dans un message publié après les obsèques de son père, Mojtaba Khamenei, devenu guide suprême, a promis que « justice » serait rendue aux responsables de l’assassinat d’Ali Khamenei, tué lors des frappes américaines et israéliennes du 28 février 2026. Sans citer explicitement Donald Trump, il a affirmé que les auteurs de cette attaque seraient poursuivis et punis.
Cette nouvelle escalade remet en cause les efforts diplomatiques engagés ces dernières semaines et fait craindre une extension du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient. Les marchés pétroliers restent sous tension, tandis que plusieurs États du Golfe ont renforcé leur niveau d’alerte face au risque d’un embrasement régional. Malgré l’annonce iranienne, les États-Unis assurent que certains navires commerciaux continuent de transiter dans le détroit sous protection militaire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU