La stérilisation hospitalière au Bénin vient de franchir un tournant décisif. L’Association Béninoise de Stérilisation Hospitalière (ABSH) a lancé une formation immersive où la théorie s’efface devant la pratique. Objectif: standardiser les bonnes pratiques en stérilisation hospitalière sur le plan national.
De Tanguiéta à Cotonou, en passant par Parakou, Djougou, Savalou, Dassa, Abomey-Calavi et Porto-Novo, médecins, pharmaciens, infirmiers et agents de stérilisation ont répondu à l’appel. Cette mobilisation nationale illustre une volonté commune : élever les standards de sécurité et réduire drastiquement les infections associées aux soins.
Pour garantir une assimilation optimale, les participants à la formation du 17 avril à Adjagbo, ont été répartis en deux groupes complémentaires. Le premier, dédié à l’audit pour une auto évaluation, a travaillé sur l’évaluation des pratiques existantes et la traçabilité du processus. Le second, plongé dans le « parcours de la marche en avant », a expérimenté chaque étape de la chaîne de retraitement du dispositif médical réutilisable, dans une unité reconstituée reproduisant fidèlement le circuit hospitalier. Il est important de retenir qu’à chaque étape, il a été démontré aux participants quel type d’Equipement de Protection Individuelle (EPI) ils doivent mettre.
Blouse sur le dos et gants ajustés, les professionnels ont suivi rigoureusement les huit étapes fondamentales : Réception-tri
Pré désinfection : Lavage, Recomposition, Conditionnement,Stérilisation, Contrôle /validation et Stockage /distribution.
La logique de la marche en avant s’est imposée avec ses trois zones codées : rouge pour le matériel souillé, bleue pour le conditionnement, emballages et stérilisation, verte pour la zone stérile donc stockage stérile.
Aussi, au cours de la plénière qui a suivi les travaux, il a été démontré comment se fait la distribution du matériel stérile dans les secteurs. Chaque geste a été corrigé sur-le-champ, chaque procédure assimilée par l’action.
« La stérilisation hospitalière n’est pas seulement une technique : c’est un acte de protection, un geste de vie », souligne Mme Josiane Koladé Adjagba, Présidente de l’ABSH, qui a dirigé avec maestria les travaux.
L’initiative a également intégré une dimension de promotion des consommables de stérilisation, grâce à l’intervention de Mme Ornelly Doriane Santos. Elle a rappelé aux participants de penser souvent à l’utilisation des produits recommandés pour le processus de retraitement.
Au terme de cette session, les participants ne repartent pas seulement avec une attestation, mais avec une maîtrise concrète et opérationnelle. L’ABSH ne se contente pas de former : elle structure et élève la santé publique. Car derrière chaque instrument parfaitement stérilisé, la finalité demeure la même : un patient protégé, une infection évitée, une vie préservée
MA
