Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a franchi un cap symbolique en qualifiant la traite transatlantique des Africains de crime d’une extrême gravité contre l’humanité. Un moment historique, porté notamment par le Ghana. Pourtant, au cœur de cet instant de mémoire et de justice, un fait a surpris : l’absence du Bénin lors du vote. Entre soutien affiché et silence diplomatique, des zones d’ombre persistent et alimentent la polémique.
Absent lors d’un vote historique à l’ONU sur la traite transatlantique, le Bénin intrigue. Comment comprendre qu’un pays aussi étroitement lié à cette histoire, notamment à travers des sites emblématiques comme Ouidah, n’ait pas pris part à un vote d’une telle portée ? Pourquoi ce silence au moment décisif, alors même que le pays s’affiche comme un défenseur de la mémoire de la traite négrière ?
En effet, cette absence du Bénin lors du vote alimente la polémique. Et face à cette polémique, le ministère des Affaires étrangères a rapidement réagi. Dans un communiqué, il a réaffirmé le « soutien plein et entier » du Bénin à la résolution, rappelant même son statut de co-sponsor du texte. Mais cette déclaration suffit-elle à dissiper les interrogations ? Peut-on soutenir une résolution et s’absenter au moment de son adoption ?
Plusieurs hypothèses circulent sans être officiellement confirmées. S’agit-il d’une abstention diplomatique, d’un problème de coordination ou d’une absence imprévue du représentant béninois ? Ou bien d’un choix politique plus subtil, voire assumé mais non expliqué ?
Certains observateurs établissent un lien avec la position du chef de l’État, qui a déjà appelé à ne pas « remuer le passé » en stipulant que les rancœurs les plus légitimes ne doivent pas nous enchaîner au passé, au détriment des priorités de développement. Cette vision, tournée vers l’avenir, pourrait-elle expliquer une certaine prudence face aux initiatives internationales axées sur la mémoire et les réparations ? Si tel est le cas, pourquoi ne pas l’assumer clairement ?
D’autres y voient une maladresse diplomatique qui fragilise l’image du pays. Car sur la scène internationale, l’absence lors d’un vote aussi symbolique peut être interprétée comme une prise de distance, voire une incohérence. Comment concilier cette absence avec les efforts engagés depuis plusieurs années pour valoriser la mémoire de la traite, notamment à travers la réhabilitation de sites historiques et les politiques en faveur des afro-descendants ?
En réalité, le cœur du problème réside peut-être moins dans l’absence elle-même que dans le manque d’explications. Pourquoi aucun motif officiel n’a-t-il été avancé ? Pourquoi laisser place aux spéculations et aux interprétations parfois virulentes sur les réseaux sociaux ? Dans une question aussi sensible que celle de la traite négrière, le silence peut être lourd de sens. À défaut de clarification, il entretient le doute et fragilise la cohérence du discours officiel.
Le Bénin, en revendiquant son rôle dans la mémoire et la justice historique, se devait sans doute d’être présent à ce vote. À défaut, il lui revient désormais de répondre clairement à une question simple : que s’est-il réellement passé le 25 mars 2026 ?
A S G