Le suspens a duré de 8 heures de ce dimanche 22 à 6 heures de Lundi 23 mars 2026. Le jeu valait la chandelle et les résultats étaient à la hauteur des attentes. Désormais, le parti Les Démocrates connait son troisième président. Après Eric Houndété de 2020 à 2023 puis Boni Yayi de 2023 à 2026, l’honorable Nourénou Atchadé a été plébiscité président du parti de la flamme au petit matin de ce Lundi 23 mars 2026 au terme des travaux du Conseil National.
A l’ordre du jour de cette session ordinaire du Conseil National des LD figuraient deux importants points validés par l’ensemble des délégués. Il ‘agit de l’élection du successeur du président Boni Yayi qui a quitté le parti le 4 Mars dernier, et la clarification de la position du parti par rapport à la présidentielle prochaine. Sur le dernier point, le Conseil National à rejeté tout soutien du parti aux duos candidats à la présidentielle de 2026. Autrement dit, le parti ne soutiendra ni le duo de la mouvance présidentielle Wadagni-Talata, ni celui des Force Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe) Hounkpè-Hounwanou.
En ce qui concerne l’élection du nouveau président du parti, le Conseil s’est appuyé sur les textes régissant le parti pour délivrer les militants dont les regards étaient tournés vers Chant d’Oiseau où se tenaient les assises. C’est donc dans le respect strict des statuts et reglement intérieur du parti que les délégués au Conseil National de ce dimanche ont remplacé le Président Boni Yayi par l’ex patron du groupe parlementaire Les Démocrates, à la tête des LD.
Que disent en réalité les textes ?
Selon l’article 10 du règlement intérieur du parti, << le Conseil National est présidé par le Président du Parti. En cas d’absence de ce dernier, il est présidé par l’un des Vice-Présidents par ordre de préséance…>>. Au départ, c’était le président Éric Houndété, premier vice-président et intérimaire du president démissionnaire, qui conduisait les travaux du Conseil. Non content de la décision de l’ensemble des membres du Conseil National à poursuivre les travaux jusqu’à l’élection du nouveau président, ce dernier déclare la fin des travaux contre l’avis des délégués qui unanimement refusent et optent pour la poursuite des travaux. C’est ainsi que le président Éric Houndété quitta la salle laissant les travaux se poursuivre puisqu’il sera remplacé par le deuxième vice-président, Nourenou Atchadé qui prend alors la commande des travaux. Le Conseil National a donc siégé et a délibéré valablement étant donné que la majorité absolue de ses membres était présente.
Le nœud de la contestation juridiquement infondée de l’élection du nouveau président ṣe trouve dans la mauvaise interprétation de l’article 17 du règlement intérieur du parti. En son dernier alinéa, l’article 17 stipule en effet que < En cas de vacance définitive, le Premier Vice-Président assure son intérim, en attendant la convocation, à cet effet, d’un Conseil National extraordinaire dans les trois (03) mois qui suivent.>>, l’intérim à assurer ici est celui du président Boni Yayi démissionnaire. Le Conseil National extraordinaire à convoquer devrait intervenir dans un délai d’au plus trois mois à compter de la date du début de l’intérim.
Autrement dit, ce conseil extraordinaire pourrait être légalement convoqué même au lendemain du démarrage de l’intérim. En d’autres termes, l’élection du nouveau président peut intervenir à tout moment du Conseil National extraordinaire qui peut aussi juridiquement être convoqué à tout moment pourvu qu’il reste dans le délai des trois mois. Mais à quoi bon d’attendre un Conseil National extraordinaire pour répondre à une question vitale pour les parti sì le Conseil National ordinaire peut se réunir ? N’est-ce pas en absence de l’ordinaire que l’extraordinaire est convoqué ?
Ce dimanche, le parti Les Démocrates a, en portant démocratiquement Nourénou Atchadé à sa tête, fait une fois encore preuve de maturité politique et confirme son statut de parti démocratique qui opte toujours pour la voix de.la majorité. Plébiscité président du parti, Nourenou Atchadé aura donc désormais la lourde charge de recoller les morceaux du parti déchiqueté par les différentes mesures exclusives mises en place et mises en œuvre par le régime dit de la rupture pour écarter cette formation politique de la gestion des affaires de ce pays.
Après son élection, le nouveau président à fait des promesses pour la réorganisation, la redynamisation et surtout le participation du parti aux élections de 2033.
Norbert Adjakoun
