Au Nigeria, la décision de retirer la sénatrice Natasha Akpoti-Uduaghan de la délégation officielle à un forum des Nations unies sur les droits des femmes suscite des critiques. Cette mise à l’écart intervient alors que l’élue a déjà repris ses fonctions au Sénat après une suspension controversée.
Le retrait de la sénatrice Natasha Akpoti-Uduaghan de la délégation nigériane participant à la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies provoque une vive controverse au Nigeria. L’élue a été remplacée par un sénateur homme dans l’équipe officielle envoyée à New York, une décision dénoncée par plusieurs défenseurs des droits des femmes.
Organisée du 9 au 19 mars au siège de l’Organisation des Nations unies à New York, cette rencontre internationale vise à promouvoir l’égalité entre les sexes et à renforcer l’accès à la justice pour les femmes et les filles dans le monde. L’absence de l’une des rares femmes du Sénat nigérian dans la délégation a donc surpris de nombreux observateurs.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre la sénatrice et la direction du Sénat dirigée par Godswill Akpabio. En mars 2025, Natasha Akpoti-Uduaghan avait été suspendue pour six mois à la suite d’un conflit interne au Parlement.
La sénatrice a accusé le président du Sénat, Godswill Akpabio, de lui avoir fait des avances qu’elle affirme avoir refusées. Dans une interview diffusée par Arise News, elle a déclaré que ces refus auraient contribué à sa marginalisation au sein de l’institution.
L’élue avait ensuite contesté cette sanction devant la justice. La Cour d’appel d’Abuja a finalement estimé que le Sénat avait agi dans le cadre de ses pouvoirs disciplinaires, tout en annulant une amende de cinq millions de nairas ainsi qu’une procédure pour outrage.
Malgré cet épisode, la sénatrice a repris ses fonctions au Sénat après l’expiration de la suspension, reprenant ainsi son activité parlementaire.
Dans un Sénat composé de seulement quatre femmes sur 109 membres, son retrait de la délégation à ce forum international consacré aux droits des femmes relance le débat sur la représentation féminine et les rapports de pouvoir dans la politique nigériane.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU