Pour commémorer les 5 ans de Reckya Madougou en prison, le collectif des jeunes du Borgou a voulu organiser, ce samedi 14 mars 2026 à Parakou dans le département du Borgou une séance de prière à la mosquée centrale de Tourou. « Elle été interdite par les nouvelles autorités locales de Parakou », selon le communiqué des organisateurs de la prière en date de ce samedi. Selon des sources proches des organisateurs de prière, c’est le CA du premier arrondissement, originaire de Tourou et le Maire qui ont interdit l’organisation de la séance de la prière.
Faut-il le préciser, le collectif des jeunes du Borgou a indiqué que le CA du premier arrondissement est allé voir l’imam et a appelé le Maire devant ce dernier et le lui a passé. Ensemble, ils ont intimé l’ordre à l’imam de ne pas faire la prière sans lui donner une seule raison. L’iman s’est plié alors à la décision des actuelles autorités de la municipalité de Parakou. Egalement, l’actuel CA du 1er arrondissement aurait fait savoir qu’il ne veut pas d’une opposition à TOUROU.
Or dans leur communiqué, les organisateurs de la prière ont signifié que ladite séance de prière « n’était ni politique, ni partisane » et « ne portait ni slogan, ni revendication ». Elle était, selon eux, « simplement ce murmure du cœur que des croyants voulaient élever ensemble » et « une main tendue vers Dieu pour qu’il allège les chaînes » des « détenus, pour qu’il réchauffe l’exil de » leurs « frères et sœurs loin de la terre natale ».
« Et oui, nous voulions aussi prier pour celui qui gouverne notre pays, pour que Dieu lui inspire la clémence et la sagesse. Quoi de plus légitime pour des croyants que de prier pour leur nation et pour ses dirigeants ? », ont-ils lâché avant d’ajouter : « cette lumière a été éteinte avant même d’avoir brillé ». Ils n’ont pas manqué de dénoncer dans le présent communiqué « cette dérive avec la force tranquille de ceux qui n’ont rien à cacher », « cette confusion dangereuse entre spiritualité et politique » et « cette suspicion jetée sur une communauté qui ne voulait que s’agenouiller ».
Ils ont par ailleurs souligné d’une part qu’ « une nation ne se construit pas en muselant les prières de ses enfants » et d’autre part qu’ « une nation se construit en libérant ceux qui sont injustement retenus, en accueillant ceux qui reviennent d’exil, et en tendant la main à ceux qui prient pour » pour les dirigeants de notre pays. Pour eux, on ne leur « interdit pas un rassemblement » mais on leur « interdit la compassion », « la fraternité » et « d’êtres humains ».
« Ce samedi 14 mars, les portes de la mosquée nous ont été fermées. Mais aucun décret n’atteindra le secret des cœurs. Nous prierons, chacun chez soi, chacun dans le silence de sa chambre. Et cette prière dispersée, parce qu’elle est interdite, montera plus forte vers le ciel » ont déclaré lesdits organisateurs de la prière avant de conclure : « Que Dieu éclaire nos autorités. Qu’Il protège nos détenus et nos exilés. Et qu’Il bénisse cette terre qui a tant besoin de pardon et de réconciliation ».