La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de créer une force militaire de 2 000 soldats pour lutter contre le terrorisme dans la région. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion des chefs d’État-major des armées à Freetown, en Sierra Leone.
Le chiffre retenu est bien inférieur aux ambitions initiales de l’organisation ouest-africaine. Au départ, les discussions portaient sur une force d’environ 5 000 soldats, censée constituer le noyau de la force d’attente de la CEDEAO. Finalement, les États membres ont opté pour un format réduit de 2 000 militaires, une décision largement liée aux contraintes financières et logistiques auxquelles l’organisation doit faire face.
Selon plusieurs responsables militaires, ce format plus limité doit permettre une mise en place plus rapide et plus réaliste. La force sera composée de contingents militaires, policiers et civils fournis par les États membres. Les troupes resteront stationnées dans leurs pays d’origine et pourront être déployées en cas de décision politique de l’organisation régionale.
L’objectif est de disposer d’une force capable d’intervenir rapidement face aux menaces sécuritaires qui se multiplient en Afrique de l’Ouest, notamment les attaques jihadistes qui touchent plusieurs pays du Sahel et du golfe de Guinée.
La CEDEAO espère financer en grande partie ce dispositif avec ses propres ressources, afin d’éviter les difficultés rencontrées par la force conjointe du G5 Sahel, qui a longtemps dépendu de financements extérieurs.
La question d’une éventuelle coopération avec les pays de l’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger — reste toutefois incertaine dans le contexte actuel de tensions politiques avec la CEDEAO.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU