Le gouvernement nigérian est accusé d’avoir versé plusieurs millions de dollars et libéré deux commandants jihadistes pour obtenir la libération de plus de 230 élèves et membres du personnel d’une école catholique en 2025. Ces révélations ravivent un débat déjà sensible après d’autres libérations controversées en 2025.
Le Nigeria fait face à une nouvelle polémique sécuritaire. Selon des sources de renseignement citées par l’AFP, les autorités auraient versé une “énorme” rançon à Boko Haram et remis en liberté deux de ses commandants afin d’obtenir la libération d’environ 230 enfants et membres du personnel d’une école catholique enlevés en novembre 2025 dans l’État du Niger.
Officiellement, Abuja dément tout paiement. Le gouvernement rappelle qu’une loi adoptée en 2022 interdit formellement le versement de rançons aux groupes armés. Mais ces révélations interviennent dans un contexte où la pression pour sauver des vies est immense, notamment lorsque des mineurs sont retenus en captivité.
L’affaire n’est pas isolée. En 2025 déjà, plusieurs vagues d’enlèvements d’élèves dans le nord-ouest du pays avaient abouti à des libérations massives. À chaque fois, les autorités avaient évoqué des “opérations de sécurisation” ou des “négociations stratégiques”. Toutefois, des médias internationaux avaient rapporté que certains hommes politiques du pays et partenaires étrangers s’inquiétaient de possibles concessions financières ou d’échanges de prisonniers.
Ces arrangements, s’ils sont confirmés, pourraient renforcer les capacités financières et logistiques des groupes jihadistes. Le Nigeria reste marqué par l’enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014, un traumatisme national qui a profondément influencé la gestion des crises d’otages.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU