Ils sont très nombreux en prison pour leur opinion ou position politique sous le régime dit de la rupture. Ils sont aussi très nombreux, ces béninois surtout de la mouvance présidentielle qui ne sont ni d’accord ni contents de la situation, mais tout le monde se garde de l’exprimer haut et fort pour ne pas subir des représailles. Depuis 2016, l’animations la vie politique nationale qui se nourrit de la liberté d’expression et de manifestation pour la bonne santé de la démocratie suffoque et fait beaucoup de prisonniers. Du simple militant politique au cadre reconnu à tel ou tel parti surtout de l’opposition sans oublier des responsables dont les voix portent, le sort est connu pour ceux qui ne partagent pas la même vision que la rupture. Laquelle n’hésite pas à frapper, d’ailleurs, le plus durement possible. Qui sont ces victimes de la restriction de l’expression publique de l’opinion au Bénin et que coutent leur privation de liberté au Benin démocratique ? De toute évidence, la liste est très longue et elle n’est visiblement pas prête à être fermée au regard de l’allure que prend la vie politique dans le pays.
La situation politique du Bénin, depuis ces dix dernières années traumatise certainement le père de la démocratie, l’homme d’État athénien Périclès, depuis sa tombe. La liberté d’expression et de parole à déserté le pays qui voit impuissamment ses filles et fils séjourner en prison pour leur opinion après plus de 30 années de pratique démocratique. De plus en plus, les béninois devront se résoudre à se taire s’ils ne peuvent chanter l’éloge du pouvoir qui se donne tous les moyens pour dérouler son programme d’action. Déjà méticuleusement bâillonné par des dispositions légales taillées pour la cause surtout le code du numérique, le peuple béninois se verra bientôt et encore plus étouffée dans ses possibilités de s’exprimer dans l’application de la nouvelle constitution à travers son article 5.1 qui instaure la trêve politique à partir de l’entrée en fonction du prochain président de la République. Un coup de massue portée à la démocratie qui suffoque déjà avec les nombreuses arrestations et emprisonnement pour diverses raisons dont le point commun reste la politique. Depuis 2016, des prisonniers politiques se comptent par centaine même s’il faut reconnaitre que d’autres, avec un effectif bien inferieur, sont libérés pour laisser place aux suivants.
En dehors de la trentaine de béninois, agents de forces de l’ordre et de sécurité arrêtée et en prisonnier dans l’affaire tentative de coup d’État déjoué le 7 Décembre 2025, Olivier Boko et Oswald Homeky dans affaire tentative de coup d’Etat en septembre 2024, des dizaines de béninois sont privés de leur liberté pour avoir trop parlé politique surtout sur les réseaux sociaux où ils tombent très rapidement et facilement sous le coup du code du numérique. Le hic, c’est pratiquement toujours, ces voix qui critiquent la rupture qui sont interpelées et jetées en prison puis sévèrement condamnées.
Depuis 2021, l’ancienne ministre Reckya Madougou et le professeur Joël Aïvo leurs co-accusés croupissent en prison. La tristement célèbre prison de Missérété héberge et malheureusement trop de béninois tels que le général Louis Philippe Houndégnon, le chroniqueur Steve Amoussou enlevé à Lomé au Togo et débarqué nuitamment au Bénin ainsi que le journaliste Comlan Hugues Sossoukpè interpellé à Abidjan en Côte d’Ivoire extradé au mépris de toutes les procédures requises en la matière. Il faut aussi citer le web activiste Julien Kandé Kansou et l’honorable député Sounon Boké arrêté et jeté en prison malgré son statut de député en exercice. A cette longue liste s’ajoutent la tiktokeuse Florance Kangbo, le président du parti politique Restaurer l’Espoir Candides Azanaï, Richard Boni Orou et très récemment l’ancien ministre et vice-président du parti Les Démocrates Alassani Tigri. Faudrait-il rappeler que Damien Dégbé, Olivier Bossikponon, Zul kilf Ali, Wassiou Agbadjè et Biaou Ayodélé, connu sous le pseudo Général Faléti, croupissent également dernière les barreaux depuis trop longtemps. Ces victimes et prisonniers du régime dit de la rupture dont on aura peut-être jamais leur liste et identité de façon exhaustive espèrent certainement un miracle du prochain régime ou du prochain président qui aura la lourde responsabilité de non seulement fermer la liste, mais aussi et surtout, recoudre le tissu social froissé et déchiré par l’emprisonnement tous azimuts des béninois. Le défi pour le prochain homme fort du Bénin sera sans doute la libération de tous les prisonniers politiques de la rupture et la facilitation du retour au bercail de tous les exilés politiques du régime finissant.
Norbert Adjakoun