Les députés de la 10ᵉ législature, élus à l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026, s’apprêtent à faire leur entrée officielle à l’Assemblée nationale le dimanche prochain. À quelques jours de cette cérémonie solennelle, le Palais des Gouverneurs est en pleine effervescence. Toutes les dispositions organisationnelles sont prises pour assurer une installation sans fausse note des nouveaux parlementaires, mais une interrogation taraude les esprits. Quelle est la prime d’installation des parlementaires ?
Les membres de l’Assemblée nationale qui devront siéger pour la dixième législature seront installés le dimanche 08 février 2026 selon les textes et lois en vigueur en République du Bénin. Selon le secrétaire administratif du Parlement, un comité d’organisation a été mis en place afin de veiller au grain et de s’assurer que la cérémonie se déroule dans les meilleures conditions. Sécurité, protocole, accueil des invités, rien n’est laissé au hasard. L’objectif est clair, offrir une cérémonie à la hauteur des enjeux de cette nouvelle législature. Dans un communiqué rendu public par l’Assemblée nationale, les députés élus sont invités à se présenter au niveau des services administratifs suivant un chronogramme bien établi allant du lundi 02 au jeudi 05 février. Cette étape est consacrée au retrait de leurs attributs officiels, notamment l’insigne du député, les écharpes, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale ainsi que divers documents administratifs nécessaires à l’exercice de leur mandat.
De leur côté, les nouveaux parlementaires s’activent également pour être au mieux de leur forme le jour J. À Cotonou, Abomey-Calavi comme à Porto-Novo, les boutiques de costumes sont prises d’assaut. Pour ceux qui préfèrent les tenues traditionnelles, les stylistes les plus en vue du pays sont fortement sollicités. Les familles des élus ne sont pas en reste, soucieuses elles aussi de marquer leur présence lors de cet événement d’envergure nationale. Cependant, au milieu de cette intense préparation, un sujet continue d’alimenter les débats et les conversations : la prime d’installation des députés. Sur cette question précise, un silence pesant entoure la communication officielle. Dans l’opinion publique, les chiffres avancés varient selon les sources et les interprétations. Pour certains, cette prime serait évaluée à une dizaine de millions de francs Cfa, tandis que d’autres évoquent un montant de cinq millions de francs Cfa. Plus audacieux encore, certains parlent d’une douzaine de millions. Faute d’informations claires, les supputations vont bon train et les rumeurs occupent le terrain. Cette situation n’est pas nouvelle sous la gouvernance du président Patrice Talon. Depuis près de dix ans, les salaires et avantages des hauts responsables politiques dont les ministres, députés, directeurs de cabinet et autres demeurent entourés de mystère. Malgré les nombreux appels de la société civile et de l’opinion publique à plus de clarté, ces émoluments, pourtant financés par les ressources du contribuable béninois, n’ont jamais été officiellement rendus publiques.
Pour un chef de l’État qui a fait de la transparence et de la lutte contre la corruption les piliers de son action gouvernementale selon ses dires, ce flou persistant apparaît, aux yeux de nombreux observateurs, comme un contraste difficile à justifier. À l’heure où certains pays africains, à l’instar du Sénégal tout récemment, ont fait le choix de rendre publics les salaires des dirigeants, y compris celui du président de la République, la question se pose avec insistance au Bénin. Pour le moment, les populations estiment avoir le droit de connaître, en toute transparence, le salaire et la prime d’installation des députés. Un tel exercice de vérité pourrait renforcer la confiance entre les gouvernants et les gouvernés et donner un signal fort d’exemplarité, attendu à l’aube de cette 10ᵉ législature.
Mohamed Yèkini