Deux policiers en service à l’aéroport international de Cotonou ont été placés en détention par la CRIET pour leur implication présumée dans un vaste réseau de trafic de pièces de voyage au profit d’expatriés étrangers. L’enquête, déclenchée après un rapatriement depuis la France, ne fait que commencer.
À l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou, un scandale mêlant agents de sécurité et civils étrangers vient d’éclater. Deux éléments de la Police républicaine, en poste dans cette infrastructure stratégique, ont été déposés en prison le vendredi 30 janvier 2026 par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Selon des informations recueillies auprès du département enquête et investigation, les mis en cause sont soupçonnés d’appartenir à un réseau structuré de trafic de pièces de voyage, notamment de passeports, au profit d’expatriés en transit par le Bénin ou quittant le pays vers d’autres destinations internationales. Ce réseau impliquerait également plusieurs civils de nationalités étrangères, eux aussi interpellés dans le cadre de la même procédure. D’après des sources sécuritaires, le réseau se spécialiserait dans l’établissement de faux passeports pour des ressortissants de pays asiatiques en proie à des conflits armés ou des crises internes, certains figurant sur la « liste rouge » des systèmes internationaux de surveillance. À travers ces documents falsifiés, les bénéficiaires se verraient attribuer de nouvelles nationalités, leur permettant de voyager sans être refoulés lors des contrôles.
L’affaire aurait été révélée à la suite du rapatriement d’un expatrié depuis la France vers le Bénin où les autorités françaises ont constaté l’irrégularité de ses documents de voyage. Les investigations menées après ce rapatriement ont conduit à l’interpellation des deux brigadiers ainsi que d’autres civils impliqués dans le réseau.
Les premières conclusions de l’enquête préliminaire indiquent que l’expatrié rapatrié ne disposait pas de pièces de voyage valides. Pour contourner ces insuffisances, le réseau local aurait perçu des sommes atteignant plusieurs centaines de milliers de francs CFA par bénéficiaire. Avec le mandat de dépôt décerné contre les deux policiers, l’enquête entre dans une phase plus approfondie. Des sources judiciaires annoncent déjà d’autres interpellations imminentes, au fur et à mesure des révélations et de l’exploitation des éléments saisis.
Gildas AHOGNI