Les principaux leaders de l’opposition en Guinée-Bissau ont rejeté une offre de la junte militaire au pouvoir leur proposant des postes ministériels dans un gouvernement de transition, rejetant ce qu’ils estiment être une tentative de légitimer un régime issu d’un coup d’État.
Domingos Simões Pereira, chef du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), et Fernando Dias, dirigeant du Parti pour le Renouveau Social (PRS), ont tous deux décliné l’invitation à rejoindre le gouvernement provisoire mis en place après que l’armée a pris le contrôle du pays en novembre 2025.
Libéré de prison vendredi dernier après deux mois de détention, Pereira demeure cependant assigné à résidence sans procédure judiciaire légale — une mesure qu’il rejette avec fermeté. Dias, quant à lui, venait d’être autorisé à quitter l’ambassade du Nigeria où il s’était réfugié pour échapper à une persécution présumée par les autorités militaires.
La proposition de la junte, encouragée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour faciliter un apaisement et restaurer un semblant de normalité constitutionnelle, comprenait trois postes ministériels pour chaque mouvement d’opposition ainsi que dix sièges au Conseil national de transition.
Le refus des deux opposants repose sur leur conviction que ces postes n’accorderaient aucune véritable influence politiquev et pourraient même servir à « salir leur nom » à un moment où ils cherchent à préserver leur crédibilité face à une population exaspérée par l’instabilité politique persistante.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU