Les rideaux vont bientôt se lever sur la dixième législature de l’Assemblée nationale du Bénin. Les 109 députés élus à l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026 seront officiellement installés le samedi 08 février prochain. Quelques heures après cette cérémonie solennelle, l’hémicycle sera le théâtre d’un autre moment décisif, l’élection du président de l’Assemblée nationale, poste stratégique au cœur du dispositif institutionnel du pays.
Avec une majorité confortable de 60 députés, le parti Union progressiste le Renouveau (UPR) se trouve en position de force pour rafler le perchoir. Cette suprématie numérique confère au parti majoritaire une légitimité politique indéniable pour désigner le successeur de Louis Vlavonou. Toutefois, à quelques jours de l’échéance, l’identité du futur président du Parlement reste entourée de nombreuses spéculations. Trois scénarios principaux se dessinent dans les cercles politiques et parmi les observateurs avertis.
La première option, la plus évidente, reste celle d’une reconduction de l’actuel président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Selon plusieurs indiscrétions, ce dernier ne serait pas opposé à briguer un troisième mandat consécutif à la tête de l’institution. Homme clé du dispositif parlementaire sous la gouvernance actuelle, Louis Vlavonou s’est illustré par son rôle central dans le vote de lois jugées très controversées, notamment la récente révision constitutionnelle. Souvent perçu comme un fidèle de la mouvance présidentielle, il bénéficie de l’estime de plusieurs cadres influents du camp présidentiel et jouirait également de la confiance du président de la République. Autant d’atouts qui pourraient peser lourd dans la balance.
Le deuxième nom qui alimente les débats est celui de Joseph Djogbénou, président de l’Union progressiste le Renouveau. Après la grande déception liée à la désignation du candidat unique de la mouvance présidentielle pour la présidentielle d’avril 2026, et la désillusion politique de 2023, certains analystes estiment que l’ancien président de la Cour constitutionnelle pourrait être « récompensé » par l’accession au perchoir. Son parcours, son expérience institutionnelle et son profil politique font de lui un sérieux prétendant à un poste qui exige doigté, autorité et une parfaite maîtrise des équilibres politiques et institutionnels.
Enfin, une troisième hypothèse, plus incertaine mais loin d’être irréaliste, circule également. Connaissant le président Patrice Talon et sa capacité à déjouer tous les pronostics, certains observateurs n’excluent pas l’émergence d’un candidat totalement inattendu. À l’image de la désignation surprise de Louis Vlavonou en son temps, le chef de l’État pourrait porter son choix sur une autre personnalité de la majorité, jusque-là peu citée, pour occuper le fauteuil du président de l’Assemblée nationale. Dans ce cas, le nom du futur locataire du perchoir ne serait dévoilé qu’au dernier moment.
À quelques jours de l’installation de la dixième législature, le suspense demeure entier. Une chose est toutefois certaine : l’élection du président de l’Assemblée nationale s’annonce comme l’un des premiers grands tests politiques de cette nouvelle mandature, avec des enjeux majeurs pour la gouvernance et l’équilibre des pouvoirs au Bénin.
Mohamed Yèkini