Le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) sort affaibli des élections législatives et communales du dimanche 11 janvier 2026. À l’issue de ces deux scrutins majeurs, la formation politique n’a pas réussi à convaincre l’électorat, enregistrant des scores jugés insuffisants pour peser durablement sur l’échiquier politique national. Une situation qui amène le parti à sortir un communiqué à la limite ironique et déshonorant.
Après les élections communales et législatives du 11 janvier 2026 à l’issue desquelles le parti présidé par Paul Hounkpè a fait piètre figure avec des scores déshonorants, la Force cauris pour un Bénin émergent est à la croisée des chemins quant à la finalité de la réforme du système partisan. Selon les résultats officiels proclamés par la Cour constitutionnelle** pour les législatives et par la Commission électorale nationale autonome (Céna) pour les communales, la Fcbe n’a recueilli que 4,78 % des suffrages exprimés aux élections législatives et 6,65 % aux communales. Des performances bien en deçà des attentes espérées par les responsables du parti, mais aussi loin des seuils nécessaires pour prétendre bénéficier des accords politiques solides et structurants. Les faibles pourcentages obtenus n’ont pas permis au parti de tirer son épingle du jeu, rendant caducs plusieurs des arrangements envisagés. Face à ces contre-performances, la Fcbe semble désormais engagée dans un rétropédalage politique que d’aucuns qualifient de maladroit, voire de honteux.
Dans un récent communiqué, des responsables du parti tiennent des propos qui contrastent fortement avec leurs positions antérieures. Pendant des années, la Fcbe avait eu tendance à banaliser, voire à relativiser, le combat de l’opposition qui dénonçait la réforme du système partisan, jugée exclusive et taillée sur mesure pour les partis au pouvoir. Ils ont même refusé de faire parti du cadre de concertation des partis de l’opposition. Aujourd’hui, le ton change. En affirmant que les résultats des élections écartent l’opposition, la Fcbe se dédit et se retrouve en contradiction avec son propre discours passé. La même incohérence transparaît dans les déclarations évoquant une panne du système démocratique, accompagnée d’une division de plus en plus accentuée entre les fils et filles du Bénin. Autant de constats que le parti semblait ignorer ou minimiser lorsqu’il soutenait ouvertement les réformes en vigueur avec pour argument le « choix de la culture de la paix, du dialogue et du vivre-ensemble ». Plus encore, la FCBE affirme désormais que les réformes unilatérales, sans consensus, n’ont profité qu’aux gouvernants en place depuis 2016, et qu’elles sont porteuses de division, d’exclusion et de déséquilibre institutionnel.
Par ces propos, le parti tente de prendre ses distances avec un système qu’il a pourtant soutenu, accompagné et avec lequel il a longtemps composé, au gré des alliances et des calculs politiques et de rattraper une erreur qui a mis en mal la démocratie depuis des années. Malheureusement, ce revirement arrive tardivement. Ce n’est pas maintenant, après des années de soutien et de participation aux jeux politiques en place, que la Fcbe peut crédiblement prétendre faire marche arrière. Les électeurs, eux, semblent déjà avoir tranché, sanctionnant une ligne politique jugée hésitante et opportuniste. Ainsi, les élections du 11 janvier 2026 pourraient bien marquer un tournant décisif pour la Fcbe : celui d’un parti contraint de se réinventer. Continuer ou faire marche en arrière, Paul Hounkpè et les siens sont dans une situation de dilemme.
Alassane Touré