Le Djibouti bénéficie du soutien de la France dans la lutte contre la désertification à travers l’initiative de la Grande Muraille Verte. Cette action s’inscrit dans un effort continental visant à restaurer des millions d’hectares de terres dégradées et à renforcer la résilience des communautés rurales.
Le Djibouti, pays de la Corne de l’Afrique confronté à une forte pression climatique et à la désertification, reçoit l’appui de la France, notamment par le biais de l’Agence Française de Développement (AFD), pour renforcer ses capacités dans la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte. Cette initiative panafricaine, portée par l’Union africaine depuis 2007, ambitionne de restaurer d’ici 2030 100 millions d’hectares de terres dégradées, de créer 10 millions d’emplois et de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone, tout en améliorant la sécurité alimentaire pour environ 20 millions de personnes dans la bande sahélienne.
Dans ce cadre, Djibouti a récemment adopté un plan d’action national visant à restaurer 300 000 hectares de terres dégradées, et le programme régional SURAGGWA— financé à hauteur de 222 millions de dollars — contribuera à atteindre une partie de cet objectif grâce à des activités de restauration à grande échelle et à la promotion de chaînes de valeur durables.
Un soutien français structuré
La France s’est engagée aux côtés des pays de la Grande Muraille Verte en mobilisant des financements, en particulier par l’AFD. Entre 2021 et 2025, l’AFD a alloué plus de 500 millions d’euros pour soutenir des projets qui contribuent à la restauration des terres, à la gestion durable des ressources naturelles et au renforcement des moyens de subsistance des populations vulnérables dans les pays du Sahel et de la Corne de l’Afrique.
Cet appui vise à accompagner des pratiques agricoles résilientes, à favoriser des formations techniques et à encourager des initiatives locales qui améliorent l’accès à l’eau, aux cultures durables et à des activités économiques alternatives. Cela se traduit par l’accompagnement de milliers de familles rurales, l’amélioration de la productivité des exploitations et un soutien à l’organisation des acteurs locaux pour mieux défendre leurs intérêts.
Pour Djibouti, où les terres arides et semi‑arides dominent le paysage, ce soutien international est stratégique. Non seulement il contribue à ralentir l’avancée du désert, mais il ouvre aussi la voie à des opportunités économiques, à la création d’emplois verts et à l’amélioration des conditions de vie des communautés rurales. La Grande Muraille Verte devient ainsi un vecteur de développement durable, intégrant l’environnement, l’économie et le social dans une même dynamique de résilience.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU