Les États-Unis ont annoncé, à compter du mercredi 21 janvier 2026, la suspension du traitement des visas d’immigration permanente pour 75 pays, dont 26 États africains. Cette mesure s’inscrit dans une politique migratoire jugée l’une des plus restrictives de l’ère Trump.
À partir de ce mercredi, des milliers de citoyens espérant s’installer durablement aux États-Unis voient leurs rêves mis en pause. La suspension décidée par les autorités américaines concerne uniquement les visas d’immigration permanente, c’est-à-dire ceux qui permettent de s’installer durablement aux États-Unis. Sont touchés les visas de regroupement familial, les visas basés sur l’emploi, les bénéficiaires de la loterie de la diversité et les autres catégories de visas immigrants.
Pour les pays concernés, cela se traduit par des dossiers gelés, des entretiens annulés ou reportés, et une incertitude prolongée pour des milliers de familles et de travailleurs qualifiés. En revanche, la mesure ne concerne pas les visas temporaires, comme les visas touristiques (B1/B2), les visas de travail temporaire (H-1B, L-1) ou les visas étudiants (F-1, J-1).
Par ailleurs une exception s’applique aux binationaux. Ceux qui possèdent un passeport valide d’un pays non concerné par la suspension peuvent continuer leurs démarches, car la décision dépend du passeport utilisé lors de la demande de visa.
Le Département d’État précise que cette décision permet de réévaluer ses procédures d’évaluation des candidats afin d’éviter l’entrée de personnes susceptibles de devenir dépendantes des aides sociales américaines, selon la règle dite du public charge.
Les pays africains concernés
Parmi les 26 pays africains touchés figurent l’Algérie, le Cameroun, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone, la Tanzanie, le Togo, l’Ouganda ou encore la République démocratique du Congo. Ces États partagent une histoire de migrations vers les États-Unis pour raisons familiales ou professionnelles, et la décision américaine pourrait retarder, voire bloquer, des projets de longue date. Le Bénin par contre est indemne de cette nouvelle mesure.
Alors que l’administration américaine affirme vouloir protéger ses ressources publiques, cette suspension met à l’épreuve l’équilibre entre contrôle migratoire et relations internationales, avec des répercussions humaines profondes pour des centaines de milliers de familles et travailleurs africains.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU