Washington a officialisé un retrait massif d’organisations multilatérales, dont plusieurs entités clés de l’ONU. Une décision assumée par l’administration Trump mais vivement regrettée par les Nations unies.
Les États-Unis ont annoncé leur retrait de 66 organisations, conventions et traités internationaux, jugés contraires à leurs intérêts nationaux. L’information a été rendue publique par la Maison Blanche sur le réseau X, après la signature d’un mémorandum présidentiel par Donald Trump. Cette décision marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la doctrine « America First », redevenue le socle de la politique étrangère américaine depuis le retour du président républicain à la Maison Blanche.
Sur les 66 entités concernées, 31 relèvent directement du système des Nations unies, selon l’exécutif américain. Parmi elles figurent la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), socle juridique de l’Accord de Paris de 2015, mais aussi ONU Femmes, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ou encore la Commission économique pour l’Afrique (CEA).
Le mémorandum présidentiel demande à toutes les agences fédérales concernées de prendre, « dans les meilleurs délais », les dispositions nécessaires pour mettre fin à la participation et au financement américains de ces organisations. D’autres retraits pourraient suivre, l’examen des recommandations du département d’État étant toujours en cours.
Un impact direct pour l’Afrique
Plusieurs institutions onusiennes travaillant spécifiquement sur les questions africaines sont touchées, notamment le Bureau du conseiller spécial des Nations unies pour l’Afrique et le Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine. Des analystes redoutent un affaiblissement des programmes de développement, de gouvernance et de lutte contre les inégalités, dans un contexte où les États-Unis figuraient parmi les principaux contributeurs financiers.
LONU exprime son regret
La réaction des Nations unies ne s’est pas fait attendre. Par la voix de son porte-parole, le Scrétaire général de l’ONU, António Guterres a regretté la décision américaine tout en réaffirmant la mission fondamentale de l’Organisation. « Les Nations unies ont la responsabilité d’agir pour celles et ceux qui dépendent d’elles. Nous continuerons à remplir nos mandats avec détermination », a-t-il communiqué ce jeudi.
Ce retrait s’inscrit dans la continuité des décisions prises lors du premier mandat de Donald Trump, notamment la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris, de l’Unesco et de l’Organisation mondiale de la santé. Si Washington privilégie désormais les accords bilatéraux, de nombreux diplomates estiment que ce désengagement fragilise la coopération internationale face aux défis globaux, du climat aux crises humanitaires qui sévissent dans le monde notamment en Afrique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU