Enlevés en novembre dernier dans une école catholique du centre-nord du Nigeria, les derniers élèves encore en captivité ont été remis aux autorités. Cette libération met fin à l’un des enlèvements scolaires les plus marquants de l’année dans le pays.
Un dénouement attendu. Les 130 élèves enlevés le 21 novembre dernier à l’internat mixte St. Mary, dans l’État du Niger, ont retrouvé la liberté et ont été remis aux autorités locales lundi, sous forte escorte sécuritaire.
Six fourgons transportant les enfants ont été conduits jusqu’au siège du gouvernement de l’État du Niger, accompagnés de forces de sécurité à bord de véhicules blindés. La veille, la présidence nigériane avait déjà annoncé la libération de ce dernier groupe, confirmant qu’aucun élève de l’établissement ne restait en captivité. « Plus aucun n’est retenu », s’est félicité le porte-parole présidentiel Sunday Dare dans un message publié sur X, illustré par une photo d’enfants souriants.
Un enlèvement massif qui a choqué le pays
Dans la nuit du 21 novembre, des hommes armés avaient fait irruption dans les dortoirs de l’école catholique St. Mary, située dans le village reculé de Papiri, enlevant plusieurs centaines d’élèves et de membres du personnel. Une centaine d’écoliers avaient déjà été libérés début décembre, mais le nombre exact de personnes capturées avait longtemps fait l’objet de chiffres contradictoires.
L’Association chrétienne du Nigeria (CAN) évoquait 315 personnes enlevées, tandis que le diocèse parlait encore de 165 disparus après les premières libérations. De son côté, le président Bola Tinubu avait mentionné 115 personnes toujours retenues.
L’identité des ravisseurs n’a pas été rendue publique et aucune information n’a filtré sur les conditions de la libération. Au Nigeria, les enlèvements de masse sont fréquents, généralement perpétrés par des gangs criminels, surnommés « bandits », motivés par l’obtention de rançons. Cette criminalité s’ajoute à l’insurrection jihadiste active depuis 2009 dans le nord-est du pays.
Après une vague de kidnappings ayant touché plus de 400 personnes en novembre, le président Bola Tinubu a décrété l’état d’urgence sécuritaire national. Si la libération des élèves de St. Mary apporte un soulagement, elle rappelle surtout l’ampleur des défis sécuritaires auxquels reste confronté le pays le plus peuplé d’Afrique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU