Son engagement pour la démocratie et la liberté n’a jamais flanché. Au lendemain de la révision nocturne de la constitution intervenue au petit matin du 15 novembre 2025, Jonas Tossou, le leader de l’opposition, membre du parti Les Démocrates hausse le ton. Il dénonce une dérive totalitaire doublée d’une volonté affirmée de Patrice Talon de s’éterniser au pouvoir.
Le 15 novembre dernier, alors que l’opinion nationale gobait difficilement l’éviction de l’opposition de l’élection présidentielle, l’Assemblée Nationale adopte dans la précipitation une nouvelle constitution. Pour y parvenir, la majorité parlementaire a été obligée de faire usage de tous les moyens en sa possession, même les plus sordides comme les coupures d’électricité et les actes de brutalité sur les députés de l’opposition. Le document sorti des entrailles de l’hémicycle n’augure rien de rassurant quant à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. Les mandats des institutions comme le Président de la République, des députés et des maires passent de cinq à sept ans. Une nouvelle institution composée d’anciens présidents d’institutions nommés par qui on ne sait, voit le jour et prend le nom de Sénat affublé d’énormes prérogatives qui débordent sur le domaine réglementaire et législatif, même aussi sur le domaine constitutionnel.
Pour beaucoup d’analystes, cette révision consacre un président du Sénat qui apparaît comme un second Président de la République. Et les rumeurs les plus folles annoncent Patrice Talon, président sortant comme le nouveau président de cette nouvelle institution. De là, alarmer les plus sceptiques sur le mandat à vie de Patrice Talon. C’est justement contre ça que s’insurge Jonas Tossou. Jeune leader de l’opposition, sa réaction contre cette révision ne s’est pas fait attendre. Selon le jeune acteur politique, « cette révision est mal venue puisque cela viole la constitution et le protocole additionnel de la CEDEAO qui interdit la modification des lois six mois avant les élections ».
Dans sa déclaration parvenue à notre rédaction, Jonas Missigbè Tossou, déplore que cette révision consacre la répression contre la liberté d’expression. En effet, dans la constitution la critique de l’action gouvernementale est interdite et n’est autorisée que l’année précédente l’organisation des élections, soit cinq ans de pensée unique puisque les mandats des institutions passent à sept ans. Ce genre de disposition n’existe nulle part dans une constitution même dans les pays les plus autoritaires ». Ainsi donc, la démocratie serait enterrée définitivement et la création d’un senat n’augure rien de bon.
« Le Sénat est un alibi pour perpétuer le pouvoir de Talon. Avec cet organe, Patrice Talon se tape un pouvoir presque à vie car en sa qualité de Président du Sénat. Le senat a arraché une bonne partie des prérogatives du chef de l’Etat, de l’Assemblée nationale, de la Cour Constitutionnelle et a visiblement plus de pouvoir que le chef de l’Etat lui même et cela est très grave pour la démocratie », s’offusque l’opposant qui demande à la communauté internationale de se mobiliser pour arrêter les dérives autoritaires de Patrice Talon.