À la veille d’un sommet décisif de la CEDEAO à Abuja, des organisations de la société civile ouest-africaine exigent la publication immédiate des résultats des élections du 23 novembre 2025 en Guinée-Bissau, dénonçant une confiscation du pouvoir par les militaires avec la complicité du président sortant.
À quelques heures de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, prévue le 14 décembre 2025 à Abuja, dix-sept organisations et mouvements de la société civile d’Afrique de l’Ouest ont lancé un appel pressant à l’organisation sous-régionale. Leur objectif est d’obtenir la publication sans délai des résultats des élections présidentielles et législatives tenues le 23 novembre 2025 en Guinée-Bissau .
Ces organisations se disent profondément préoccupées par la situation politique née de la prise du pouvoir par les militaires le 26 novembre 2025. Elles rejettent la qualification de « coup d’État », parlant plutôt d’un « complot d’État » qui aurait été orchestré par le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, avec l’appui des forces armées. Selon elles, cette manœuvre vise à entraver la publication officielle des résultats électoraux, en violation flagrante de la volonté populaire.
Pourtant, le scrutin du 23 novembre avait été salué par la communauté internationale comme libre, transparent et apaisé. La société civile estime que le refus de publier les résultats constitue une menace grave pour la stabilité du pays et un frein à ce qui pourrait être la première alternance démocratique pacifique de la Guinée-Bissau. Les signataires rappellent que, malgré la destruction alléguée de certaines copies de procès-verbaux au niveau de la Commission nationale électorale, des exemplaires authentiques existent toujours auprès des commissions régionales électorales. La loi électorale bissau-guinéenne autorise l’utilisation de ces documents pour proclamer les résultats définitifs.
Dans leur déclaration, les organisations demandent à la CEDEAO de maintenir la pression sur les autorités militaires afin qu’elles respectent le choix du peuple, de faciliter l’installation rapide du président élu et de prendre des sanctions ciblées contre les auteurs et complices du complot dénoncé. Elles appellent également à la libération immédiate de l’opposant Domingos Simões Pereira et des autres personnalités politiques détenues arbitrairement.
Convaincue que seule la vérité des urnes peut garantir la paix durable, la société civile ouest-africaine place désormais la CEDEAO face à ses responsabilités historiques.
Gildas AHOGNI